L’intégration économique et politique de l'Eurasie : objectifs réalistes ?

  Veuillez-trouver ci dessous mon interview de ce début 2017 pour la lettre de l'Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l'Institut des Hautes Etude de Défenses Nationales /// WWW.ANAJ-IHEDN.ORG Comment définir l’axe eurasiatique ? Je crois qu’il faut tout d’abord envisager cet Read more

Conférence au MGIMO sur la politique étrangère de François Fillon (27/02/2017)

La politique étrangère de François Fillon : vers un nouveau gaullisme francais ? Photos sur le site du MGIMO Photos sur Facebook Bonjour à tous et merci beaucoup à cette institution qu’est MGIMO de nous recevoir aujourd’hui. Mon propos sera court, je souhaiterais vous parler Read more

Interview chez Sputnik avec Rachel Marsden

Interview avec Rachel Marsden dans les locaux de Sputnik Paris (source originale) Read more

Articles en francais

Bataille pour les minorités russophones?

imagesLorsqu’on parle de Vladimir Poutine, on ne peut pas ne pas songer à cette phrase qu’il aurait prononcée sur le fait que la chute de l’Union soviétique aurait constitué «la plus grande tragédie du XXe siècle» ou que le projet russe d’Union eurasiatique serait une réanimation non officielle de l’Union soviétique.

Pourtant, le projet d’union eurasiatique n’est pas un projet russe puisque c’est Noursoultan Nazarbaïev, l’actuel président du Kazakhstan, qui fut le premier à évoquer l’idée d’une union eurasienne rassemblant les pays de l’ex-URSS, en 1994, dans un discours à l’université de Moscou.

En réalité, le président russe a également affirmé que «celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur; celui qui souhaite son retour n’a pas de tête». C’est en fait le statut des 25 millions de Russes au lendemain de l’éclatement de l’URSS qui justifiait, selon le président russe, cette qualification, comme on peut le vérifier dans le discours original de 2005.

Au cours des décennies suivantes, ce statut des minorités russes, russiennes et russophones en dehors des frontières russes, fut l’enjeu de joutes et de tensions diplomatiques de grande ampleur, voire de guerres comme en Géorgie, en Ukraine ou, aujourd’hui, en Syrie. Dans ce dernier cas en effet, la montée en puissance des groupes issus de l’espace post-soviétique au cours des 18 derniers mois a sans doute grandement contribué à la décision de Moscou d’aller frapper en amont ces militants afin d’éviter que ces fourmis terroristes n’aient la moindre chance de revenir déstabiliser l’ex-espace soviétique, que ce soit en Russie ou en Asie centrale. Read more

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La route de la soie, une aubaine pour la France?

imagesAu IIe siècle avant notre ère, un général chinois du nom de Zhang Qian ouvre une voie géographique reliant l’Asie à l’Europe et au Moyen-Orient, jusqu’à la Syrie.

Ce gigantesque corridor terrestre allait permettre une formidable expansion commerciale et une hausse des échanges entre des zones du continent eurasiatique se retrouvant de facto connectées.

Cette interconnexion concerna tant le commerce que les religions ou les technologies. Au sommet de sa gloire, la Route de la Soie contribua sans doute directement à l’établissement du plus grand empire continental de tous les temps: l’Empire des Mongols, dont l’expansion guerrière au cours du XIIIe siècle, mit paradoxalement fin à cette fabuleuse infrastructure commerciale.L’Asie centrale ne revint au centre du jeu que précisément lors du grand jeu, au XIXe siècle, lorsque Russes et Britanniques s’y livrèrent un féroce combat pour son contrôle. A la fin de la seconde guerre mondiale, c’est l’URSS qui intégra ce Turkestan géant au sein d’un ensemble qui sépara de facto la Chine de l’Europe. Au cours de notre siècle, les réveils russes et chinois ont accentué le basculement du monde vers l’Eurasie et l’Asie tout en ravivant paradoxalement un tropisme vers l’Ouest et l’idée d’accentuer l’intégration continentale pour faire face aux pressions que ces pays subissent sur leurs flancs ouest et est. Read more

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9 mai en Crimée: Vladimir Poutine et l’Eurasie?

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En voyant les images du président russe Vladimir POUTINE en Crimée, me sont revenues a l’esprit les réflexions sur Vladimir Poutine et l’Eurasie de Jean Parvulesco. La couverture, cette image de Poutine en marin regardant quelque chose m’a fait pensé a cette capture de Poutine observant cette Crimée ayant fait le choix de rejoindre le «Monde russe».

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Réflexions sur les rêves de l’Est du continent

Ukrainian Parliament elections campaign

Cette année 2014 a commencé, c’est le moins que l’on puisse dire sur le plan de l’actualité, sur les chapeaux de roues. La question ukrainienne est dans beaucoup de cercles de pensée, de milieux politiques, apparue comme une nouvelle question yougoslave, au cœur de la question plus large elle de l’Europe. Sur mon humble page Facebook, des discussions au sujet de la situation en Ukraine et des conséquences pour l’Europe ont dépassé les 400 commentaires, prouvant ainsi la grande sensibilité de ces thématiques mais aussi et surtout l’apparence de nouvelles lignes de fractures.

 

Au sein d’une certaine gauche sociale-démocrate, européiste et pro américaine, on se réjouit de la situation qui démontre que l’Union de Bruxelles séduit toujours plus à l’Est. Même son de cloche à droite et au centre ou, me racontait récemment un initié, on pense qu’il faut désormais aller de l’avant et penser au futur, c’est-à-dire que l’Ukraine doit rejoindre la famille européenne. Read more

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La Chine à la conquête de l’Est de l’Europe

Par La Voix de la Russie | On parle souvent de l’influence croissante de la Chine en Afrique, mais la percée chinoise en Europe de l’Est et notamment dans les Balkans est souvent oubliée. Une très vague coopération sino-albanaise existait déjà dans les années 70, mais dans les années 80, la Chine développa une réelle doctrine a l’égard de l’Europe du Sud-est.

Les Balkans sont d’abord apparus comme un double front pour la Chine, tout d’abord vers l’Europe, mais également dans l’ex-sphère soviétique. Après la chute du mur, Pékin renforça son influence sur les Balkans en se focalisant sur le potentiel commercial de ces derniers. L’objectif de Pékin est évidemment d’utiliser les consommateurs des Balkans pour écouler les produits chinois bon marché. Les relations commerciales entre la Chine et les Balkans se sont d’abord développées avec la Bulgarie, la Roumanie mais aussi avec la Croatie. En 2010, les échanges bilatéraux avec Bucarest se chiffraient à 2,6 milliards d’euros, alors que les affaires avec Zagreb et Sofia étaient eux respectivement évaluées à 1,1 milliard d’euros et 630,5 millions d’euros. Quand à la Serbie, les échanges avec la Chine se sont élevés à 325 millions d’euros en 2010 malgré l’historique de très bonnes relations entre la Chine et la Serbie de Milosevic. Symboles de cette percée chinoise dans les Balkans, l’implantation et l’ouverture en 2010 et 2011 de gigantesques « Chinatowns » en banlieue de Belgrade, Bucarest ou Zagreb.

L’implantation chinoise n’est pas seulement commerciale, mais aussi industrielle.

On peut citer par exemple le cas du géant Dongfeng qui a signé fin 2009 un accord avec le constructeur serbe Fabrika Automobila Priboj (FAP) afin d’assembler des véhicules en Serbie, ou Great Wall Motor Corporation et la firme bulgare Litex Motors qui ont commencé à produire des voitures low-cost en février 2011. La Chine a aussi développé une politique d’investissement dans l’exploitation minière locale afin d’alimenter la croissance rapide de l’économie chinoise. C’est le cas par exemple de la firme métallurgique chinoise China Minmetals Corporation, qui a signé un accord avec Aurubis Bulgaria, filiale du plus grand producteur de cuivre européen. Ou encore de Sichuan Jiannanchun International Group et du turc Kürüm Energy Resources and Metallurgy, qui forment la joint-venture Illyria Mineral Industry visant au développement des exportations albanaises de ferrochromes vers la Chine.

D’autres projets similaires sont également en négociations dans divers points des Balkans.

La Grèce est une illustration stupéfiante de cette percée chinoise puisque la Chine a largement soutenu l’économie du pays au plus fort de la crise en achetant des bons du trésor grecs, mais surtout en signant un contrat de 3,4 milliards d’euros permettant au géant maritime China Ocean Shipping Company de rénover et contrôler une partie du port du Pirée. L’accord a autorisé la société à augmenter la capacité logistique du port en y construisant un troisième quai et aussi un centre logistique. Pékin a aussi mis en place un fond spécial sino-grec de cinq milliards de dollars pour le développement du transport maritime et envisage de tripler les opérations annuelles du port en portant à 3,7 millions de containers le trafic annuel d’ici 2015 et monter ainsi le commerce bilatéral annuel avec Athènes à huit milliards de dollars.

Mais la China Ocean Shipping Company lorgne aussi sur le port de Thessalonique, qui est relié par une voie ferrée au reste des Balkans mais également à l’Europe centrale.

Cette prise de contrôle chinois sur le transport maritime et ferroviaire grec a un objectif clair : transformer la Grèce en une sorte de « hub logistique » pour écouler les produits chinois vers l’Europe.

L’implantation chinoise n’est cependant pas seulement commerciale ni industrielle comme vu dans l’article précédent, mais également énergétique.

Le pays se pose en fournisseur énergétique pour de nombreux pays des Balkans. L’Etat Chinois a en effet accompagné ses entreprises et la Chine est tout simplement devenue dans les Balkans le leader mondial en termes d’investissements verts, en énergie renouvelable, et ce devant les États-Unis ou l’Allemagne.

La réorganisation du marché européen de l’énergie dès le début des années 2000 a permis à l’UE d’étendre son marche énergétique aux Balkans, notamment après l’instauration de la Communauté européenne de l’énergie en juillet 2006. Le projet consistait en une intégration partielle des Balkans dans le marché unique européen. C’est ainsi que les États d’Europe du Sud-est se sont engagés à atteindre les standards européens en matière de production énergétique d’ici à 2015. En 2009, de nouvelles régulations ont été imposées (donc également aux pays des Balkans), exigeant de fortes réductions d’émissions de gaz a effet de serre, une augmentation des énergies renouvelables et aussi une baisse de la consommation énergétique. C’est un énorme problème pour les Balkans qui sont en général dotés d’infrastructures énergétiques plutôt obsolètes, quand ces infrastructures n’ont pas été endommagées par les conflits qui ont secoué la région comme par exemple en ex-Yougoslavie.

Si la crise a mis un coup de froid sur les investissements Ouest-européens en Europe de l’Est, notamment pour le développement des infrastructures hydroélectriques ou encore pour l’utilisation des énergies éoliennes, l’offensive chinoise prend tout son sens. C’est ainsi que la Chine est d’ores et déjà parvenue à dépasser ses rivaux occidentaux et s’impose désormais comme le plus grand fabricant mondial de turbines éoliennes et de panneaux solaires (80% du marché européen et 70% du marché mondial en 2012) tout en soutenant fortement la construction de centrales au charbon propres et de centrales nucléaires. Bien conscient de ce risque, l’UE vient de réussir à imposer à la Chine des taxes anti-dumping sur les panneaux solaires sauf si les industriels chinois s’engagent à respecter un prix plancher et un maximum de puissance pour leurs panneaux. Un moindre mal alors qu’en rétorsion aux mesures prises par Bruxelles pour taxer les importations de panneaux solaires, Pékin avait menacé de taxer les importations de produits de luxe européens en Chine.

Cette distanciation chinoise de ses rivaux occidentaux et européens dans les Balkans, à la faveur de la crise financière, témoigne d’une stratégie de long terme de la part de la Chine dans un marché Est-Européen fébrile, mais qui est directement connecté à l’Union Européenne. Si l’on observe la stratégie chinoise elle est pourtant limpide, visant tant les pays pauvres de l’Est de l’Europe (Balkans), que les pays en difficulté (Grèce, Espagne). La Chine est même en train de consolider ses positions en Europe centrale et orientale, ou entre 2004 et 2010, les investissements chinois ont été multipliés par 18. La Pologne est un bon exemple de ce boom chinois puisqu’en 2011, les exportations vers la Chine se sont élevées à 1,3 milliard d’euros, contre… 13,2 milliards d’euros d’importations. Il s’agit d’un retournement spectaculaire car à titre d’exemple, dans les années 1960 à 1980, la Pologne exportait des voitures vers la Chine. Aujourd’hui, 45 % des ventes polonaises sont représentées par un seul produit brut, le cuivre, de la compagnie

De nombreux commentateurs parlent de « nouvelle route de la soie » pour définir les nouveaux axes économiques chinois en constitution, destinés à améliorer les conditions de transport terrestre en créant des voies commerciales sur le modèle de la route de la soie. Ces nouveaux axes continentaux sont destinés à offrir un raccourci majeur aux traditionnelles voies maritimes au départ des grands ports chinois, mais aussi le transport ferroviaire est évidemment beaucoup plus sûr que le transport maritime, menacé par une piraterie croissante. La constitution du « Hub grec » doit donc être compris dans cette logique continentale commerciale et mettre en lien avec les axes continentaux ferrés en constitution.

Pour cette raison, la Banque chinoise de développement (CDB) a participé (pour un montant de 4,5 milliards d’euros) au financement et à la construction de portions d’un corridor paneuropéen censé reconnecter l’Europe de l’Ouest à la Turquie en traversant l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie, la Serbie, l’ARYM, la Bulgarie et bien évidemment la Grèce. Ce corridor paneuropéen devrait à moyen terme être relié avec un second corridor ferroviaire méridional qui ira de la Chine à l’Europe via l’Asie centrale, l’Iran et la Turquie. Dans cette logique, Pékin finance également la reconstruction d’un pont dans la banlieue de Belgrade qui reliera les deux rives du Danube et sera terminé en 2014. Il portera le nom de « Pont de l’Amitié sino-serbe » afin de rappeler sans doute l’immixtion chinoise au cœur des Balkans.

Lors du dernier sommet de l’Organisation de la Coopération de Shanghai à Bichkek (Kirghizie), les pays membres ont du reste annoncé leur volonté de rétablir une « route de la soie rénovée » pour relier la Chine à l’Europe via la Russie et les Etats d’Asie Centrale. Car la pousse chinoise à l’Est de l’Europe ne s’arrête pas aux Balkans, la Chine prenant également avantage du monde postsoviétique.

Alors que Russie et Chine viennent enfin de conclure un contrat de coopération pétrolière d’une valeur de 270 milliards de dollars sur 25 ans, signé entre CNPC et Rosneft, dirigée par le proche de Vladimir Poutine Igor Sechin, France 24 publiait en fin d’année dernière ce reportage extrêmement intéressant mettant en lumière l’implantation chinoise en Sibérie et en Extrême-Orient russe et les investissements liés dont j’ai déjà parlé, notamment par exemple ce projet fou de construction d’une « Venise sur l’Amour », située à Blagoveshensk, une petite ville située sur la rive gauche du fleuve Amour, au cœur de l’Extrême-Orient russe. Le projet comprend des canaux et des façades reproduisant à l’identique celles de Venise, ainsi qu’un immense complexe commercial (voir ici ou ici) et devrait être ouvert en 2018. Le promoteur chinois en charge du projet He Weilan l’affirme déjà haut et fort : « ce sera comme l’Italie mais en mieux (…) Je vends l’Europe aux habitants de l’Extrême-Orient.

En Ukraine, L’Etat chinois a accordé en 2012 un prêt de trois milliards de dollars pour aider l’Etat ukrainien à développer ses exportations de maïs (vers la chine) et la Chine discuterait actuellement la gestion de près de 30.000 km² de terres, soit près de 5% de son territoire et 9% de ses terres arables, un domaine cultivable aussi grand que la Belgique tout entière. La négociation entre la société KSG Agro, l’instance chargée des projets d’agriculture et l’Ukraine porterait sur des terres situées dans la région de Dnipropetrovsk, dans l’Est du pays. L’accord porterait dans un premier temps sur l’installation de systèmes d’irrigations sur une surface de 3.000 hectares. Si une telle transaction devait avoir lieu, l’Ukraine recevrait en contrepartie un nouveau prêt pour développer son industrie agricole et aussi son réseau routier.

La Biélorussie n’est pas oubliée. La Chine y construit en effet une ville entière dans les forêts proches de Minsk (la capitale de la Biélorussie) dans le but d’y créer un immense parc industriel. La ville devrait accueillir 155.000 personnes, permettant à la Chine de se créer une sorte de hub supplémentaire entre l’Europe et l’Asie : les exportations chinoises ne seront plus qu’à 275 kilomètres de la Pologne et de la Lituanie, deux pays membres de l’Union. Autre avantage : les accords entre la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan permettront aux produits issus de cette ville-atelier de passer les frontières de ces deux derniers pays sans barrière douanière.

Ce parc industriel prévoit de fonctionner via une exonération d’impôts et de taxes foncières sur place pour les sociétés qui viendront s’y installer et y investiront un minimum de cinq millions de dollars (3,8 millions d’euros), qu’elles soient chinoises ou originaires d’autres pays. La Chine investit cinq milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) dans cette opération, et cette ville nouvelle sera reliée à l’aéroport de Minsk par une ligne de train à grande vitesse qui doit être construite. L’énergie sera fournie par une centrale nucléaire construite par la Russie et livrée en 2018. Une première partie de la ville devrait être finie en 2020, et la livraison finale est quand à elle prévue pour 2030.

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Le systeme d’exploitation occidental ne fonctionne plus

La chute de l’union soviétique a entrainé la fin du système des relations internationales découlant de Yalta et le triomphe de l’hégémonie américaine. La conséquence a été le basculement d’un monde bipolaire à un monde unipolaire. Malgré tout certains analystes parlent d’un possible retour à un monde bipolaire. Comment ressentez vous cette possibilité? Y a-t-il selon vous une possibilité qu’une puissance émerge et challenge la puissance hégémonique américaine?

L’effondrement de l’URSS a en effet eu pour conséquence directe la domination américaine sur les affaires du monde. Lorsque Bush père a proclamé le nouvel ordre mondial dans les sables d’Irak, beaucoup (dans le monde occidental) ont même pensé qu’il en serait ainsi pour toujours, que l’histoire des idées s’arrêtait et que le monde serait désormais pour toujours sous domination américaine. On voit aujourd’hui que ceux-ci se sont trompés, et qu’il a fallu seulement une décennie pour que l’Histoire ne reprenne ses droits, entrainant l’Amérique dans des guerres qui accéléreront son déclin, alors que paradoxalement, elles étaient censées lui permettre d’asseoir sa domination. Durant cette même décennie, la Russie s’est relevée de ces cendres et est redevenue une puissance régionale forte. Une puissance qui a des visions de domination en Eurasie, comme l’a martelé Vladimir Poutine lors de son  premier discours de président élu le 07 mai 2012. On parle beaucoup plus de  l’affrontement Russie / Amérique qu’au début de ce siècle mais ces pays ne seront sans doute plus jamais les principaux acteurs essentiels du monde de demain, tels que l’Amérique et l’URSS l’ont été au sein du monde de hier. C’est logiquement aujourd’hui la Chine qui est visée par les stratèges Américains en tant qu’adversaire principal, car c’est la Chine qui devrait vraisemblablement devenir la première puissance mondiale durant ce siècle, tant sur le plan économique, que financier, démographique et peut être même militaire. C’est la Chine qui devrait devenir par conséquent le concurrent le plus important pour l’Amérique en déclin, et si rien n’est fait, le monde de demain sera rythmé par l’opposition Chine / Amérique.

Zbigniew Brezinski admet ouvertement que les États-Unis sont en train de perdre leur influence. Ici, il est possible d’appliquer le concept « de dépassement de limites (imperial overstrech) », introduit par le célèbre historien Paul  Kennedy ? Peut-être que l’Amérique a dû faire face au même problème que l’Urss? Comment évaluez-vous l’état de l’Amérique actuellement?
Zbigniew Brezinski vieillit et se rend sans doute compte de ses erreurs, constatant que ses prévisions pour le futur monde sous domination américaine ne se sont pas totalement réalisées. Je dis « pas totalement » car aujourd’hui le monde est toujours dominé par l’hyper-puissance américaine. Le dollar est en 2012 toujours la monnaie dominante et l’Amérique toujours la première économie mondiale, même si la crise de 2008 semble avoir porté un coup quasiment fatal a cette domination financière. Sur le plan militaire, cette suprématie semble aussi terminée. L’Irak et surtout l’Afghanistan ont montré les limites militaires de la suprématie américaine. Plus personne aujourd’hui ne voit l’Amérique comme une puissance invulnérable comme c’était le cas il y a une dizaine d’années. Curieusement, l’Amérique comme l’URSS ont choisi d’aller mourir et de prouver leur vulnérabilité au monde entier au même endroit: en Afghanistan. J’ajoute que cette fin de l’empire avait été prévue par un sociologue français du nom d’Emmanuel Todd déjà en 2002.

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Eurasia sur l’Union Eurasiatique

J’ai le plaisir d’annoncer a mes lecteurs la sortie du dernier numéro de la revue EURASIA sur l’Union Eurasiatique. Votre serviteur y a écrit un article, tout comme de nombreux autres dont vous pouvez trouver la liste ci dessous, parmi les plus connus sans doutes Alexandre Douguine ou encore Guennady Ziouganov!
La version française de l’article est consultable ici, et la version  italienne la.
 

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Geofilosofia dell’Eurasia
Alberto Buela, Propedeutica alla teoria politica
Claudio Mutti, Nietzsche e l’Eurasia

Dossario: Russia
Aleksandr G. Dugin, Nasce l’Unione Eurasiatica
Andrea Fais, Le elezioni parlamentari: una svolta (geo)politica e sociale
Jean Géronimo, Alla ricerca di un’identità postsovietica
Jean Géronimo, Crisi del gas. Torna Brzezinski?
V. V. Ivanter – J. Sapir, L’economia russa nella crisi finanziaria
Alessandro Lattanzio, Le forze strategiche della Russia
Aleksandr Latsa, Battaglia per Mosca
Mahdi Darius Nazemroaya, Verso una nuova realtà geopolitica
Igor N. Panarin, La nuova ideologia di Putin: lo sviluppo della civiltà russa
Spartaco A. Puttini, La Russia di Putin sulla scacchiera
Nikolaj S. Trubeckoj, Il problema dell’autocoscienza russa
Stefano Vernole, Un’alleanza economica sgradita agli USA
Ermanno Visintainer, Nursultan Nazarbayev, antesignano dell’Unione Eurasiatica
Gennadij A. Zjuganov, Le idee geopolitiche in Russia
Gennadij A. Zjuganov, I contorni geopolitici della Russia di domani
Continenti
Miguel A. Barrios, Strategia e geopolitica dell’America Latina (prima parte)
Jean Claude Paye – Tulay Umay, Wikileaks: un’opposizione virtuale
Matteo Pistilli, Il concetto di “sviluppo” dal 1945 ai nostri giorni
Interviste
Aleksandr Sam, I compiti del KGB in Bielorussia. Intervista al gen. Vadim Zaisev
Filippo Pederzini, Una piccola crisi diplomatica. Intervista a Mauro Murgia
Documenti
AA. VV., Il Patto di non aggressione tedesco-sovietico
Sergej N. Martinov, Discorso all’ONU
Jean Thiriart, Praga, l’URSS e l’Europa
Recensioni

C. Mutti, Stephan Baier – Eva Demmerle, Otto d’Asburgo. La biografia autorizzata
C. Mutti, Mario José Cereghino e Giovanni Fasanella, Il golpe inglese
C. Mutti, Pio Filippani Ronconi, Zarathustra e il mazdeismo
C. Mutti, Ermanno Visintainer, Ahmed Yassawi. Sciamano, sufi e letterato kazako
L. L. Rimbotti, Johann von Leers, Contro Spengler

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Vers le tunnel sous Béring ?

Il y a presque deux ans j’ai écrit un article intitulé : «le pont ferroviaire Eurasiatique«. Cet article décrivait la création historique de la voie ferrée transcontinentale, son extension grand-est à travers la plaine de Sibérie et également les extension prévisibles hors Russie avec les deux géants économiques de la planète, à savoir la Chine et l’Amérique. 
Récemment l’actualité a confirmé ces prévisions, la Chine notamment à fait savoir qu’elle envisageait de connecter son réseau de train à grande vitesse à travers 17 pays d’Asie et d’Europe de l’est à travers la Russie. 
Ce projet monumental devrait prendre 10 ans et à terme permettre de relier Londres à Pékin. Cette ligne allant jusqu’à Singapour. 
Une seconde ligne à haute vitesse devrait être construite connectant le Vietnam, la Thaïlande, la Birmanie et la Malaisie. Cette ligne reliera l’Allemagne à la Chine, par la Russie, via la Sibérie. les tracés exacts ont encore à être définis et les financements du projet seront majoritairement Chinois et asiatiques, notamment Indiens.
Cette volonté des états de créer des réseaux de trains à grande vitesse pour relier les états et augmenter les liens entre les régions du monde est générale, elle touche autant l’Europe du nord que l’Amérique.
Je reviendrais rapidement sur ces différents projets.
Pour l’instant, je souhaiterais proposer aux lecteurs une traduction d’un texte de William Simpson posté le 15 février 2010 sur le site Russiablog.org qui concerne la traversée du détroit de Béring, que j’envisageais dans le dernier paragraphe de mon article intitulé «le projet fou : la jonction Eurasie-Amérique«.
La traversée du détroit de Béring, pourquoi nous devrions le faire


Il a beaucoup été question ces dernières années d’une traversée du détroit de Béring et d’un système ferroviaire intercontinental. J’ai commencé à parler et proposer un tel système dès 1995 pour différentes raisons. A l’époque j’étais inconscient que cette idée avait été développée un siècle plus tôt ! Depuis 1995, j’ai redéfinit le projet de façon plus réaliste.
Traverser le détroit de Béring et construire un système ferroviaire intercontinental n’a rien de simple, mais rien de bon dans la vie ne l’est. Les «pro» et «anti» ont chacun leurs arguments. Bien sur il y a le climat dans l’arctique et le détroit de Béring qui est très inhospitalier une grande partie de l’année et que la réalisation d’un tel projet y serait très difficile. Il y a aussi le fait que la Russie et l’Alaska se déplacent l’un vers l’autre de 16,5 mm / an et que la région est sismique, tout cela représente une somme de problèmes assez uniques. Ajoutons qu’il y a des troubles géopolitiques entre les entités concernés et des deux côtés des préoccupations environnementales. Enfin il reste à se poser la question de «l’utilité d’un tel projet» !
Mes propositions sont liés à la situation unique du détroit. Le détroit de Béring est large d’à peu près 84 Km au point le plus court entre la Russie de l’extrême est et l’Alaska. Ce passage est à moins de 2 kilomètres de l‘Ile de Ratmanova (grande diomède) ou l’eau n’est pas très profonde. J’ai proposé de construire une extension de cette île vers la seconde (petite diomède) afin de connecter les deux iles en étendant leurs péninsules via des amas de rochers, du gravier et du sable extrait des déblaiements nécessaires pour la construction des centaines de Kilomètres de voie ferré. Les péninsules seraient également prolongées des deux côtes.
Il y aura deux channels de 8 kilomètres chacun entre les péninsules artificielles. Des sections préfabriqués de tunnels (de 8 km chacune) seront placées au niveau du sol marin, qui se situe à a peu près 60 mètres de profondeurs. Leur design sera étudié afin d’accompagner et de parer aux mouvements tectoniques et aux chocs sismiques. Les sections seront inclinées de 0,5% (1 mètre de plus en vertical pour 200 mètres en linéaire), cette pente étant préférable pour l’efficacité de fonctionnement des locomotives, contrairement au système linéaire de tunnel creusé utilisé entre la france et l’angleterre par exemple : le Chunnel (pour plus d’information, visitez ce site). 
Ces sections préfabriquées pourraient être des tubes en béton ou en métal renforcé et anti corrosion. La forme cylindrique sera préférée pour sa solidité structurelle et sa relative facilité de construction. Ces coques sur le modèle des coques de sous marins pourraient également être intégrées pour procurer aux sections une enveloppe de stabilité. Ces structures pourraient être bien plus facilement linkés, puis déposés «sous» la surface de l’eau, l’eau pompée et l’ensemble serait bien plus simple et rapide à installer qu’un Tunnel creusé. En outre, les sections n’ont pas besoin d’être placées aussi profond que les tunnels creusés n’ont besoin d’être creusés pour des raisons de sécurité. 
Le projet de tunnel-section sous le détroit que je conçois comprend notamment plusieures passerelles d’accès et de sortie, tant pour la maintenance que la sécurité. La plus éloignés se situerait à environ 4 Km à pied du centre du tunnel et assez proche de la section péninsulaire des Iles.

Dans ma version originale en 1995 j’ai considéré les trains à sustantation magnétique (de type MAGLEV). Mais aujourd’hui je considère également une autre variante qui est le «quadrail train«. Ce quadrail train fonctionne sur 2 fois 2 paires de rails (avec des espacements standards à  56 1/2 par paire), il fait 25 pieds de large (2 fois et demi plus qu’un train standard) et peut transporter 3 fois plus de marchandises qu’un train standard. (voir ici pour une maquette de comparaison avec des trains standards). Son centre de gravité plus bas, ses capacités supérieures notamment en vitesse sont des atouts essentiels, surtout car les voies sont utilisables pour des trains standards. L’espacement des rails  diffère entre la Russie et le Canada, Chine et Amérique. Ce problème ne peut être résolu que par des trains avec des possibilités d’espacements variables afin d’utiliser les diverses largeurs de rails possible. L’espagne a déjà un tel système. 
Il y a des mots qui dans les médias américains me choquent comme «société post industrielle» ou «société post moderne». En effet en Amérique, toutes les villes ou étaient localisés des industries sont devenues des guetthos de pauvreté. Post moderne sous entend en effet des termes comme «moyen âge» ou «âge sombre» et «absence d’électricité» etc. Selon mon analyse du mouvement environnementaliste, celui ci place la nature au dessus de la vie humaine. La vérité est que les humains ne peuvent pas survivre sur cette planète sans des méthodes pour se réchauffer l’hiver, survivre aux prédateurs, développer de l’élevage, de l’agriculture et de la construction. Les sociétés qui obèrent ces vérités fondamentales deviennent décadentes et disparaissent.
La construction de voies ferrés pour relier le monde à travers le détroit de Béring créerait un système de transport unique pour transporter les gens et les marchandises plus librement et plus efficacement. Le système pourrait dans son entier être alimenté de façon hydroélectrique ou par des centrales nucléaires, et ainsi pas par pétrole. 
Les Russes et les Américains ont plus en commun que leur différences. Nos deux pays ont expérimenté la terreur d’attaque terroriste. Nous avons des ennemis communs. Je souhaite que les états-unis élisent prochainement des gens qui gouverneront les pays pour notre interet, nous représentant «nous le peuple». J’espère que les états unis et la Russie pourront dans l’avenir arrêter la prolifération nucléaire et faire cesser le terrorisme. Alors nous pourrons travailler sur des projets communs comme celui du détroit de Béring, et le projet ferroviaire intercontinental. Ces projets seront des contributions à créer une nouvelle ère de paix et liberté, loin de la peur.
William Simpson est un entrepreneur, ingénieur  en électricité. Il a travaillé sur des projets de créations de stations nucléaires pour des majors de la construction et a servie dans l’armée Américaine. 
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La Grece quitte l’Europe et rejoint l’OTSC ..

 … C’est bien sur de la science fiction, mais c’est une idée intéressante imaginée par Le Kergoat sur Agoravox.  Le résumé :
 
2 avril 2012. Il est 20 heures. Flash spécial, la Grèce vient de quitter l’Union Européenne. Pendant une partie de la soirée, les analystes vont se succéder sur les écrans de télévision pour expliquer la décision d’Athènes.A Berlin, les Vingt-Six réunis en sommet extraordinaire viennent de publier une déclaration qui se veut rassurante. L’avenir de l’Union est assurée. Paraît-il…
Demain, le Figaro titrera : « L’Europe orpheline. La Grèce s’en va ».
En réalité, la décision était attendue depuis plusieurs semaines comme une fatalité après le départ de la Grèce, d’abord de l’OTAN puis de la zone euro. Dans quelques jours, la Grèce rejoindra l’OTSC, l’alliance militaire nouée entre Moscou et ses anciens satellites qui lui sont resté fidèles. La popularité du gouvernement d’Athènes atteint des sommets. A Thessalonique, l’homme de la rue se félicite que son pays ait abandonné une alliance avec la Turquie pour en rejoindre une englobant la Russie et l’Arménie.
La suite ? C’est ici
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WORKING WITH RUSSIA TO PREVENT EURASIAN COLLAPSE

The Eurasian region continues to disintegrate, and neither

Russia
nor the West has been able to arrest the destabilizing dynamics. Evidence of rising instability throughout the region include the August 2008 Russia-Georgia war, renewed terrorist attacks in the North Caucasus, the persistent failure of Western forces to stabilize Afghanistan, the inability of Central Asian rulers to reign in local clans and drug lords, and the paralysis of legitimately elected bodies of power in Ukraine and Moldova. 
Violence is gradually spreading, waiting for an opportunity to erupt into a large-scale conflict. 
Transregional transportation routes may soon be choked due to Russia‘s conflicts with Ukraine, Georgia, and

Turkmenistan
The West’s attempts to secure and stabilize

Eurasia after the end of the Cold War must be recognized as a failure
. In the mid-1990s, U.S. geostrategists such as Zbigniew Brzezinski recommended that the United States pursue a policy of replacing

Russia
as the referee and protector of the newly established non-Russian states in the region. After initial hesitation, the

United States
and other Western states followed this advice. Yet

Eurasia has not become stable or peaceful and continues to disintegrate. The bureaucrats in Washington and

Brussels
have failed to understand that they lack the resources, the will, and the experience to stabilize the complex region. Today — after the Iraq war and the global financial crisis — the United States is beginning to recognize its overextension, but it is not at all clear if Washington and Brussels are prepared to act differently in

Eurasia.


Russia
‘s Absence Felt.


Russia
, too, has contributed to the Eurasian meltdown. The Soviet collapse and the subsequent retreat of

Russia from the region have greatly destabilized the area. By the time Vladimir Putin assumed power in 2000, Moscow‘s severely undermined position in the region was obvious to everyone, especially after a wave of terrorist attacks took place in Chechnya and other parts of

Russia
. The relative recovery of the Russian economy during the post-Yeltsin decade began to revive Russia‘s standing in Eurasia, yet

Moscow
could ill afford serious efforts to stabilize and pacify the region. At best, the Kremlin could defend its core interests abroad and begin to escape the alternative of an unstable society, dwindling population, and truncated sovereignty. By capitalizing on high oil prices, it could also advocate multilateral arrangements in the region and strengthen its presence in neighboring economies and energy companies worldwide. Preventing a collapse in Eurasia requires recognizing

Russia
‘s role in stabilizing the region.
 

Once this is done in practice, and not rhetorically, many pieces of the region’s puzzle may start falling into place. Energy supplies may become more reliable; governments in politically contested areas — like Georgia, Ukraine, and

Moldova
— may obtain a greater legitimacy; and the so-called frozen conflicts may have a better opportunity to be resolved.

Russia
‘s recent resurgence is a response to its lacking recognition as a vital power and partner of the West. If Russia chooses to dedicate itself to obstructing Western policies in

Eurasia, we will see more of the collapsing dynamics in the region. Ukraine and Moldova may disintegrate, as did

Georgia
. Central Asia and

Azerbaijan
are likely to be subjected to a much greater degree of instability with unpredictable consequences.

Russia
too will suffer greatly as its modernization processes will be derailed. In short, the region may change beyond recognition — and possibly through the use of force. 


Spirit Of Cooperation

Non-Russian powers too must become involved as participants in establishing a collective-security arrangement in

Eurasia
. From a security perspective, it is important that the two most prominent actors in the region — NATO and the Shanghai Cooperation Organization (SCO) — develop a joint assessment of threat and closely coordinate their policies. Instead of expanding its reach further, NATO ought to learn its limitations. 
Without the full-fledged involvement of the SCO, Afghanistan is likely to turn into another version of Iraq, with additional negative implications for the

U.S.
reputation in the world. Another key issue is energy security. A new, shared understanding of energy challenges must be reached that would encourage mutual respect for each side’s critical interests. 
Viewing

Russia
as a potentially reliable alternative to traditional Middle Eastern sources of energy may serve the West and members of the region better than the image of a «neo-imperialist» bully that only seeks to subvert its neighbors’ policies.
Trying to persuade European countries to invest additional billions into the Nabucco pipeline in order to bypass

Russia
may well turn out to be a waste of money and time
. A more important and potentially unifying idea for all the parties would be to engage in the development of acceptable rules and principles of energy security among

Eurasia‘s powers. Finally, to restore the region’s capacity to function and perform basic services for its residents, it is critical to curb Russophobic nationalism. While rebuilding a Russia-centered empire would be very dangerous, there is hardly an alternative to the emergence of an economically and culturally transparent community of nations with strong ties to the former metropole. Russians and other ethnic minorities must be able freely to travel, develop their linguistic and religious traditions, and celebrate their historically significant events. The overall objective of the outside world should be to strengthen

Russia
‘s confidence as a regional gr
eat power, while discouraging it from engaging in revisionist behavior. 


Andrei Tsygankov is a professor of international relations at

San Francisco

State

University
. The views expressed in this commentary are the author’s own and do not necessarily reflect those of RFE/RL

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