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Interview Alexandre LATSA

L’agence d’information NOVOpress m’a récemment interviewé. Je reproduis l’interview ci  dessous :

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Novopress : Quel regard portez-vous sur le concert de louanges pro-russe dans certains milieux politiques français ?

Alexandre Latsa : Tout d’abord je souhaiterais dire que la prise de pouvoir de « partisans des intérêts américains » est une très mauvaise nouvelle pour la France. Ce courant atlantiste voit la Russie comme un adversaire surtout depuis que Vladimir Poutine a pris le pouvoir. En effet les projets russes de souveraineté militaire pourraient déteindre sur les Européens, or Washington a besoin d’une Europe sous tutelle qui lui sert de tête de pont pour lancer des assauts militaires/économiques en Eurasie.

 

Alors, parmi les réseaux que l’on pourrait qualifier de « non atlantistes », quelle est la situation ?
L’extrême gauche cherche désespérément dans la Russie moderne une résurgence de l’URSS mais elle ne peut se décider à soutenir la politique du Kremlin qu’elle juge trop « nationaliste » ou « identitaire ».

 

Après, les réseaux gaullistes et nationalistes (de Chevènement à Le Pen en passant par Villepin et Dupont-Aignan) voient dans la Russie un contrepoids à l’Amérique et aussi un nouveau modèle de gouvernance (pouvoir fort capable d’agir). En ce sens, ils n’ont certainement pas tort.

 

Selon vous, Vladimir Poutine est-il conforme à l’image que s’en font ses partisans ouest-européens, c’est-à-dire le possible leader d’un contre-ordre mondial ?
Lors de sa prise, Vladimir Poutine avait deux obsessions principales : que la Russie ne disparaisse pas et qu’elle redevienne un acteur important sur la scène mondiale.

Le premier point a été réalisé. Vladimir Poutine a redressé la Russie et celle ci est désormais de nouveau un « acteur » international, défendant une « autre » vision du monde, non unilatérale et non américano-centrée. Pour synthétiser cette évolution, l’historienne et femme politique Natalia Narotchniskaia l’explique en ces termes : « Pour reprendre la célèbre formule du prince Alexandre Gortchakov : “La Russie se recueille. Nous modernisons notre société. Nous relevons notre économie. Nous nous préparons“ »

 

Les années qui ont suivi la chute du Mur ont mis la Russie dans un état de décomposition sociale, économique et morale qu’il est difficile d’imaginer à l’Ouest. Tout cela n’a donc pas du tout donné envie aux Russes (pouvoir en tête) que les choses continuent dans le même sens. C’est un sujet très long à développer et j’y reviendrai dans un article plus complet sur mon blog mais le Kremlin a la velléité de proposer une « autre voie » à la Russie à de très nombreux niveaux.

 

Ce projet est en partie inclus dans un plan 2020 et fourmille d’idées intéressantes, ambitieuses et réellement novatrices. D’un point de vue géopolitique, les Russes imaginent un monde de 2020 multipolaire, très « BRIC orienté » c’est à dire avec une perte d’influence de l’Amérique et au contraire une montée en puissance d’autres acteurs.

Pour ce qui est de l’archéo-futurisme si j’ai bien compris de quoi il s’agit, à savoir un mélange de traditions et de progrès (sur le modèle du Japon), alors oui, la Russie l’est totalement. Natalia Narotchnitskaïa toujours donne une définition archéo futuriste de la Russie en ces termes :

« La Russie représente un “modèle réduit“ du monde, bien plus que les États-Unis. La Russie vit en même temps au XIXe, au XXe et au XXIe siècle. Elle combine l’opulence et la misère ; la technologie de pointe y côtoie les conditions de vie les plus primitives ; on trouve, sur son territoire, tous les climats possibles ; de nombreuses religions et civilisations y cohabitent. Nous sommes à l’opposé de l’aspiration qui viserait à uniformiser le monde sur la base des valeurs libérales (une aspiration qui n’est pas si éloignée, dans l’esprit, de la vision trotskiste). Dans un tel monde, il n’y aurait de place ni pour l’orthodoxie slave ni même pour la grande culture européenne. »

 

En quinze ans, le capitalisme libéral n’a t-il pas plus nui à l’identité russe et au christianisme orthodoxe que le communisme en 70 ans de persécutions ?
C’est la théorie du regretté Alexandre Zinoviev qui dit que les quinze ans d’après la chute du Mur ont, via la drogue, le sida, la mauvaise situation économique, l’explosion de la prostitution, l’émigration de femmes russes vers l’Ouest (perte d’un « capital génétique »), etc., finalement plus nui au peuple russe que le communisme. Effectivement cette période est qualifiée de « libérale » car des mesures ont été prises (thérapie de choc) pour tenter de faire de la Russie une social-démocratie à l’occidentale.

 

Aujourd’hui, cependant, la notion de « libéralisme » n’a que peu de sens puisque le modèle économique russe, original, est semi ouvert, semi fermé, et caractérisé par une verticalité du pouvoir, qui garde le contrôle sur les secteurs clefs, notamment dans le domaine énergétique.

Peut être assiste t-on à la naissance d’un nouveau type économique, dont les BRIC semblent être les dépositaires mais dont s’inspirent d’autres pays comme le Venezuela, l’Afrique du sud ou l’Indonésie (BRIICS).

 

Il faut bien comprendre que la Russie a des particularités qui sautent aux yeux pour qui étudie son histoire. Le pouvoir y a par exemple toujours été très fort, cela par nécessité de répondre à des phénomènes « d’inerties naturelles » créés tant par la taille du pays que sa variété. Autre point essentiel : la Russie a toujours fonctionné de façon « fermée », hormis quelques brèves fenêtres d’ouvertures historiques lors des règnes de Pierre le Grand ou de l’impératrice Catherine.

 

Assiste t-on en Russie à la même déliquescence des mœurs qu’en Europe occidentale ? Les « forces morales » russes sont-elles encore vivace ?
La fin de l’URSS et la décennie libérale qui a suivi ont tout permis. La libéralisation des mœurs a été totale notamment sous Eltsine ou le pouvoir politique n’a plus rien contrôlé et abandonné le pays aux mafias.

La décennie qui vient de s’écouler (Poutine / Medvedev) a vu une résurgence du pouvoir politique, qui a entrepris de re-moraliser la société Russe en s’appuyant sur des fondements religieux notamment. Cela est palpable dans un tas de domaines, on peut citer l’interdiction des casinos ou la politique nataliste justifiée pour « sauver la patrie ». Egalement les affiches d’Etat qui inondent le métro des villes Russes avec des slogans patriotiques ou de défense de la famille (ci-dessous). Il y a aussi cette tendance aux camps de jeunesse durant lesquelles les vêtements sexy et serrés pour les femmes sont prohibés car déconseillés pour la reproduction. Enfin on peut parler de cette nouvelle mode de vêtements patriotes (ci-dessus) et « pro famille » etc.

 

La Russie est pleine de ressources et est aujourd’hui un laboratoire à observer avec beaucoup d’attention.

La Russie peut-elle sérieusement renverser sa mauvaise donne démographique ?
Il est fréquent de lire que « la Russie perdrait inexorablement 700 000 habitants par an » et que sa situation démographique est catastrophique. J’analyse de façon lucide cette évolution démographique sur mon blog. Pour résumer on peut dire que ce n’est pas le cas du tout.

En 2005 la population russe a décrue de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu. En 2006 la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants. En 2007 la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants. En 2008 la baisse a été d’à peu près 116 000 habitants. En 2009 la population aurait augmenté de 15.000 à 25.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.

 

Aujourd’hui, les prévisions démographiques Russes ne sont donc pas plus pessimistes que celles de la Chine ou bien de pays du G7 comme l’Allemagne.

 

C’est la preuve qu’un pouvoir politique volontaire peut agir et totalement inverser une situation qui parait quasiment perdue. C’est aussi selon moi la leçon de la décennie pour les politiques européens, à savoir qu’un modèle de gouvernance plus musclé peut agir dans différents domaines que ce soit pour défendre la santé publique, ou par exemple empêcher un patronat pourtant puissant de fermer (délocaliser) une usine ou ne pas payer les gens (affaire de Pikalëvo).

 

Novopress : La Russie est-elle confrontée à des vagues d’immigration socialement et culturellement déstabilisantes ?

La Russie est aujourd’hui un des pays du monde qui accueille le plus d’étrangers. Les statistiques officielles font état en Russie (en 2008) d’une population totale de 142 millions d’habitants, avec 8 à 12 % d’étrangers soit 12 à 17 millions de personnes, dont peut être une moitié de clandestins. 90 % viennent de l’ex-URSS et notamment des républiques asiatiques d’Asie centrale (ex-soviétiques).

Ils travaillent en Russie  comme« gaustarbeiters », principalement dans le BTP. En comparaison, le nombre d’Européens/d’Occidentaux (ressortissants de l’OCDE) ne doit pas dépasser en Russie les 150 000 personnes.

Il faut bien voir la différence avec la situation en Europe et notamment en France. Contrairement à ce qu’affirment certains milieux absolument désinformés, ces immigrés sont une main d’œuvre à bas prix mais non créatrice de troubles. Sans activité, ceux-ci sont expulsés des villes, voire de Russie. Depuis le début de la crise, les autorités russes auraient expulsées 8 millions de personnes pour éviter d’avoir une explosion sociale et cela sans aucunes protestation. C’est donc que c’est faisable.

 

Au-delà de cela, le pouvoir a pris depuis 2005 de nombreuses mesures pour protéger le marché national, que ce soit des mesures de préférence nationale, des expulsions de clandestins, des quotas par nationalités dans les attributions de permis de travail ou de séjour, etc. Enfin, la « chasse aux étrangers » étant à la mode chez de nombreux groupes nationalistes radicaux, la Russie est un pays où les étrangers ont plutôt tendance à faire profil bas et à travailler pour survivre.

La Russie a de très grosses capacités assimilatrices, intégratrices et une aptitude à digérer les autres cultures facilement. Exemple type : la ville de Moscou, où la proportion de population « slave » (russe/biélorusse/ukrainienne) serait inférieure à 50 % mais où nulle part on ne se sent en insécurité.

 
Le pouvoir russe a t-il cédé devant le multiculturalisme d’inspiration anglo-saxonne qui est particulièrement destructeur pour les nations ouest-européennes ?
La notion de « multiculturalisme anglo-saxon » n’a aucun sens pour les Russes et n’en aura jamais. La Russie est un pays gigantesque, une plaine immense d’où, au cours des siècles, les invasions se sont succédé. N’oublions pas que le berceau de la Russie historique est en Ukraine actuelle (rus de Kiev). Puis, peu à peu, les Russes ont conquis une partie d’Asie et d’Orient en étendant les frontières à l’est et au sud sur fond de conflits avec les Tatars et les Turcs.

La Russie est fondamentalement un pays multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel. Cet aspect essentiel de la Russie est impossible à cerner si l’on ne connaît pas bien le pays, son histoire et ses gens. La grande, l’immense variété de peuples qui cohabitent n’a aucun équivalent dans le monde. Un proverbe russe dit que, dans la steppe immense, chaque population a pu trouver sa place sans gêner l’autre. Cela expliquerait la cohabitation pacifique entre des populations aussi variées que la Fédération de Russie n’en comporte. Le résultat est une sorte de mixité ethnique, culturelle et religieuse propre à la Russie qui, aujourd’hui, peut se vanter d’être le pays le plus multiconfessionnel et le plus multiethnique du monde.

 

J’ajoute que l’islam n’est « pas un facteur déstabilisant » en Russie comme il l’est en Europe. L’Islam russe est indigène, natif et existait en Eurasie avant l’orthodoxie. Il a été depuis totalement intégré dans la société russe, totalement russifié, et est sous contrôle de l’Etat. Confortant l’adage selon lequel « en Russie la vodka a dissous le Coran », même si la religion musulmane représente 15 à 20 % de la population. Selon un sondage de 2006, seulement 6 % des citoyens de Russie se considèrent comme musulmans. Symbole de cette coexistence pacifique, le Tatarstan, devenue une des zones économiques les plus dynamiques de Russie et où la mosquée de Kazan trône à côté du Kremlin de la ville (ci-dessous).

 

Mais n’y a-t-il pas un substrat ethno-culturel originel russe, aussi minimal soit-il, qui forme le cœur et la majorité de l’identité russe ? L’ethnie slave ? L’orthodoxie ?
Bien sûr qu’il y a un substrat ethno culturel russe, celui ci est fondamentalement l’ethnie slave et la religion orthodoxe. La langue russe sépare même dans les termes les Russes « de souche » (russki) et les russes citoyens (rossianin), mais cela n’a pas fondamentalement la même connotation qu’en Europe (comme dans la germanité ou la latinité).

 

L’immense territoire russe a mis en contact les Slaves avec de nombreux autres peuples, et l’intégration est soit aisée, soit forcée selon les périodes (tsariste, soviétique, puis actuelle). Aujourd’hui, 75 % des Russes se disent « russes » mais cela se réfère plus à une appartenance commune et culturelle (« Je suis russe ») qu’à une appartenance ethnique pure. L’intégration en Russie passe autant par les mœurs, le comportement et la langue que par le sang.

Quelles sont les différentes ethnies qui font de la Russie le pays « le plus multiethnique du monde » et comment vivent t-elles leur coexistence ? Y a-t-il « métissage », communautarisme étanche ou autre ?
Les étapes historiques de la Russie, de son agrandissement au cours des cinq derniers siècles à ses déplacements de peuples sous Staline et enfin à son retour à ses identités locales aujourd’hui (mais au sein d’un ensemble fermé), ont fait que les Russes de souches slaves sont présents sur tout le territoire, et presque partout en majorité. Cela aussi bien dans les entités plus ou moins décentralisées (correspondant généralement à des territoires d’ethnies) que dans les régions peu peuplées de l’Est. Il y a aujourd’hui en Russie près de 200 nationalités et groupes ethniques, tous russophones. Seule une minorité ne parle pas le russe (moins de 1 %).

Le Caucase est un bel exemple de concentration de populations différentes, 43 langues y sont parlées. Dans la seule république du Daguestan, 40 peuples différents cohabitent, ne pouvant communiquer entre eux qu’en russe ! Pour une liste incomplète des ethnies et peuples de Russie, il faut regarder cette carte assez fascinante. Il faut bien comprendre de quoi l’on parle.

Tous les peuples très variés de l’ex-espace soviétique étaient tous soviétiques : on parle d’homo sovieticus comme d’un modèle assez unique et similaire, de l’Ukraine au Kazakhstan en passant par la « Toungouzie ». La Russie est restée une sorte d’URSS réduite, tout comme la Serbie est restée une sorte de Yougoslavie au sein des autres républiques.

 

En Russie les mélanges existent, mais généralement les enfants issus de « mélanges » (slave/non slave ou russe/non russe) se sentiront tout autant russes que non-russes surtout s’ils sont élevés en Russie. La langue et la très forte culture russe (russian way of life) sont un facteur d’intégration essentiel. C’est une des différences d’avec l’Europe ; ce mélange en Russie n’est pas un facteur de désintégration. Cela est dû notamment au fait que la Russie est un ensemble très vaste, hybride, empruntant tant au Sud caucasien qu’au Nord polaire, à l’Est asiatique, à la culture de la steppe. Son identité est multiple et en même temps unique. La période soviétique à mélangé les gens de force et l’architecture des villes même ne laissait pas la place à des « bons » ou des « mauvais » quartiers.

 

Ce n’est que très récemment que des coins chics sont apparus dans les centres des villes ou dans certaines périphéries (cottages privés pour populations russes ou étrangères très fortunées). Mais aujourd’hui, les villes russes ne connaissent pas les ghettos : il n’existe pas en Russie de mauvais quartiers ou des concentrations de populations étrangères qui rendraient la vie impossible aux Russes, comme c’est le cas dans les villes européennes. Pas plus qu’il n’existe fondamentalement de séparation financière : dans les immeubles d’époque, un étranger pauvre peut habiter l’appartement voisin de celui d’un riche avocat caucasien ou d’un fonctionnaire de police. La mixité est encore réelle et la sécurité quasi totale, ce qui fascine assez les étrangers.

 

Que peut-on dire de son identité ? Et qu’en est-il de l’Eurasisme ? La Russie a-t-elle renoncé à son européanité ?
L’identité russe est quelque chose de compliqué, même pour les Russes eux-mêmes. Si la Russie est un pays européen à tous les niveaux, elle n’est pas que cela. Elle est aussi un pays fondamentalement « eurasiatique », « asiorientalisé ». Cela est dû à son histoire et à son emplacement géographique, majoritairement en Asie. Néanmoins la Russie a une différence avec tous les pays européens dans la façon dont elle a absorbé ses différents peuples conquis. Lorsque les Tatars et les Caucasiens l’ont été par exemple, leurs chefs ont été plus qu’intégrés, même anoblis. Ils ne furent jamais traités comme des colonisés ou des vaincus, mais étaient les égaux des aristocrates russes. Ils avaient même des serfs russes. Peut-on imaginer des Lords indiens avec des domestiques anglais ?

 

L’opposition entre les « Occidentalistes » et les « slavophiles /eurasiens » n’est pas nouvelle. Natalia Narotchniskaia définit l’identité russe de la façon suivante : « Notre emblème est l’aigle à deux têtes. Depuis des siècles, nous sommes à la fois Européens et Asiatiques, Russes et Tatars, chrétiens et musulmans. Nous sommes aujourd’hui majoritairement des Russes orthodoxes, mais aux temps médiévaux nous étions des Asiatiques convertis. Ceci est une réalité indiscutée qui a formé notre identité. »

Cette vision des choses explique l’existence des thèses « eurasiennes », comme les théories d’Alexandre Douguine qui sont écoutées avec beaucoup d’attention par le pouvoir. Celui-ci est préoccupé par le redéveloppement géographique à l’Est afin d’utiliser les immenses possibilités de l’Est sibérien. Des « initiés » appellent même à déplacer la capitale au centre géographique du pays (Novossibirsk) et faire de la Sibérie le nouveau cœur du pays.

 

Enfin il faut bien comprendre que la pierre angulaire de ce réveil identitaire post-soviétique est 1941, et la victoire sur le nazisme et la résistance des villes russes, notamment de Stalingrad. C’est pour les Russes cet acte de sacrifice, qui a traduit la survivance de la « patrie russe » à travers l’URSS. Pour ma part, je ne pense pas que la Russie ait renoncé à quoi que ce soit, elle fait juste la part des choses et ne pense pas que deux modèles existent à savoir un modèle « européen » et un modèle « asiatique ». Au contraire, celle-ci compte développer son modèle et sa voie à sa propre façon.

 

 

Novopress : Existe t-il en Russie, comme en Europe, de nombreux mouvements et partis politiques porteurs d’idéologies différentes ? Les Russes ont-ils le même rapport au militantisme politique ? Sont-ils des « activistes » ? Que pensent par exemple les patriotes russes de la situation politique du pays ? Quels liens entretiennent-ils avec le Kremlin ?

 

Chaque Russe est « patriote » mais le rapport à la politique est totalement discrédité depuis l’ère Eltsine. Les Russes ne sont pas politiques et pour eux l’identité ne passe pas par la politique.

Quelqu’un comme Guennadi Ziouganov (leader du parti communiste russe) est à sa façon très patriote. Le patriotisme est une des clefs de la société russe.

 

Il faut bien comprendre que la société politique russe n’est pas du tout linéaire comme l’est la société française (de droite à gauche). En Russie, il y a actuellement un centre de gouvernance (le Kremlin) avec dans un premier cercle concentrique des partis d’opposition plus ou moins rapprochés (parti communiste et parti libéral-démocrate). Le parti communiste défend une vision soviétique d’un point de vue territorial et le LDPR une vision plutôt panslaviste. Un troisième cercle comprend avec des mouvements/partis plus ou moins « éloignés » du centre, donc de la gouvernance (le Kremlin).

 

J’ai essayé de détailler cette structure ici et, pour les russophones, elle est en image ci-dessous : le centre de la croix est le parti de Poutine, vers la droite il y a les partis libéraux, vers la gauche le parti communiste, en bas les « radicaux » – principalement les partis d’extrême droite – et en haut les conservateurs.

 

Pour ce qui est des mouvements « patriotes », il faut bien comprendre que là encore s’opposent deux visions du « patriotisme » russe. Il y a une vision proche du pouvoir, notamment des organisations de jeunesse proches du Kremlin. La conception de la Russie y est globalement multiculturelle et le pays est vu comme une terre ou des peuples variés cohabitent sans tensions. C’est une résurgence d’une vision impériale mais non impérialiste (une terre, des peuples). C’est également la vision eurasiste (conservatrice).

 

Après, il existe des mouvements plus radicaux, orientés sur une vision ethnoculturelle russe, la langue russe permettant de différentier un Russe de sang d’un habitant de la Russie ayant un passeport russe. Ces mouvements veulent freiner l’immigration non slave en Russie et défendre les Russes de sang. Ils sont une kyrielle mais les deux principaux sont Russki-Obraz (qui est dans une logique de collaboration avec le Kremlin et avec le mouvement de jeunesse de Poutine) et le DPNI, soupçonné d’être financé de l’extérieur (notamment par des opposants au Kremlin) afin de déclencher des troubles interculturels en Russie.

La plupart de ces mouvements sont sur une logique très anticommuniste, voire pro-américaine par réaction ou tout simplement en faveur des très grandes libertés individuelles que l’on peut trouver dans les sociétés anglo-saxonnes.

 

Cette vision « pro-occidentale » des mouvements d’extrême droite en Russie est une réalité : la plupart des organisations de ce type ont soutenu la révolution orange en Ukraine et sont en première ligne des actions russophobes dans les pays baltes ou en Europe centrale.

 

C’est ce qu’Alexandre Douguine a appelé le front « orange-brun », front dirigé contre la Russie. Dernier exemple type : l’attribution par le président orange ukrainien du titre de héros nationaux aux collaborateurs ukrainiens Stepan Bandera et au commandant ukrainien de la Wehrmacht Roman Chouckevitch.

 
Comment dès lors peut on définir le système politique russe actuel ?
Pour mémoire, lors du congrès de Russie Unie de novembre 2009, un nouveau programme a été adopté, précisé par les trois clubs de pensée du parti : social-conservateur ; libéral-conservateur ; étatique-patriotique

La principale nouveauté consiste en ce que l’idéologie officielle du parti – le conservatisme russe – a été pour la première fois indiquée dans les statuts du parti Russie unie. Pourquoi le parti Russie unie ne s’est-il décidé à proclamer son conservatisme qu’à la fin 2009 ? Jusqu’à récemment, il fallait lutter pour conserver l’Etat. A présent, ce problème est réglé et la menace de destruction définitivement éliminée, il faut conserver et sauvegarder les résultats obtenus.

 

A l’extérieur (politique internationale), la Russie envisage sa position de puissance autonome avec trois grands axes d’influence :

• Vers l’Europe avec la volonté de création d’une structure de sécurité commune (remplaçant l’Otan).

• Via l’Asie et surtout l’Asie centrale à travers l’OCS.

• Via le monde musulman, à travers l’OCI.

Sa doctrine stratégique montre également qu’elle envisage des conflits régionaux (Caucase-Arctique) et travaille à une indépendance militaire totale.

 
Quelles sont les menaces internes à l’intégrité de la Russie et comment la Russie les gère t-elle ?
Les menaces sont autant internes qu’externes avec l’extension de l’Occident (via l’Otan) à ses frontières et tout ce que cela entraîne :des révolutions de couleurs aux agressions militaires présentes (Géorgie) ou futures (Arctique).

Les risques de démembrement territorial sont également présents et sont un des objectifs d’affaiblissement de la Russie depuis un siècle. La Russie, de par sa structure (des régions étalées sur 11 fuseaux horaires), pourrait dans l’absolu faire face à des sécessions de territoires. C’est pour cette raison que le Kremlin a renforcé le pouvoir central en décidant de désormais nommer les gouverneurs, ou encore à un projet de réduire le nombre de fuseaux horaires sur le territoire afin de reconcentrer le pays et réduire le nombre d’entités régionales. Enfin, la création toute récente d’une super-entité caucasienne semble également aller dans ce sens. En contrepartie, le Kremlin s’efforce de promouvoir les cultures locales, minoritaires, pour que les citoyens des « petits peuples » puissent continuer à vivre selon leurs coutumes. Mais le tout sous contrôle politique.

 

Quel regard le pouvoir russe et les Russes portent t-ils sur la France ? Quel est votre sentiment personnel sur le sujet ?
Les Russes apprécient la France plus que les Français. Ils ont l’image d’une grande nation, d’un grand pays ; ils n’ont pas oublié Normandie-Niemen et admirent De Gaulle. La culture, la classe française sont des références pour eux comme chez tous les peuples du monde.

La désillusion est terrible lorsque des Russes rencontrent la France d’aujourd’hui. Un éditorial deKommersant (l’équivalent du Monde en Russie) de 2005 donnait une image assez sévère de la France d’aujourd’hui.

 

Enfin, les Français de Russie ne contribuent que peu à améliorer l’image de notre pays. La plupart sont des expatriés peu intégrés, généralement sans aucune connaissance ni de la culture, ni du pays. Je ne parle pas de ce qu’écrivent les journalistes.

 

En tant que Français et Européens, que doit t-on attendre de la Russie ? D’ailleurs, doit-on en attendre quelque chose ?
C’est une bonne question. Aujourd’hui la Russie se sauve elle même, sans l’aide de personne. L’Europe de l’Ouest, elle, se suicide. Je me permets de noter que de nombreux pays de l’Est de l’Europe ne sont pas aussi détruits que l’Europe de l’Ouest. Ils ont certes subi la crise économique mais ne sont pas au niveau de totale décomposition (morale, politique, biologique) comme le sont la France, la Belgique ou la Hollande par exemple.

Pour ma part je suis Européen, c’est la raison pour laquelle je suis en Russie, à Moscou capitale de l’Europe. La Russie encore une fois est aussi européenne. Le cœur de tout ce que les Européens peuvent souhaiter conserver ou entreprendre se situe « ici ». C’est sans doute quelque chose de difficile à saisir vu de l’Ouest ; il faut habiter en Russie pour sentir à quel point ce pays à l’énergie suffisante pour faire face à la déliquescence générale.

 

En tant que Français, je souhaiterais dire que la France n’est aujourd’hui presque plus un pays européen. En tout cas elle n’en a plus que la « marque», l’appellation, mais plus la substance, ni l’identité. La vraie France est dans le cœur de français dont un grand nombre est éparpillé aux quatre coins du monde. Pour ma part, je pense que la France ne passera pas ce siècle. Elle se décomposera (je ne sais sous quelle forme) faute de savoir faire face aux défis de la mondialisation, économique et culturelle, mais également de savoir gérer une immigration massive. C’est du reste ce qui attend les principaux pays d’Europe de l’Ouest.

 

On peut imaginer que dans le prochain quart de siècle, la Russie fera face à une immigration massive d’Européens qui souhaiteront s’installer dans un pays sûr, pas en faillite et sans tensions ethnico-religieuses.

Posted on by Alexandre Latsa in Articles en francais, Désinformation, ITV Alexandre Latsa 18 Comments

La Russie n’a pas à rougir de son passé

Bon article de Pierre Levy dans le figaro d’aujourd’hui sur la Russie, article spécialement pour la Russie d’aujourd’hui  :
 



«Nul pays n’est au-dessus de la critique. La Russie pas plus qu’un autre. Dans son cas cependant, on est frappé par la tonalité caricaturalement négative qui domine souvent informations, analyses et commentaires«.


 

«La politique extérieure ? Celle d’un empire finissant, brutal, agressif. L’économie ? Repliée sur l’exportation des hydrocarbures, gangrénée par la corruption, incapable de faire face aux défis de demain. La vie quotidienne de ses habitants ? Soumise à l’arbitraire et à l’autoritarisme. Certes, tous les travers décrits ne sont pas imaginaires. 


Mais étrangement, aucune bonne nouvelle, aucun fait sympathique ne semble jamais pouvoir parvenir de chez notre grand voisin oriental. On chercherait vainement un pays comparable qui soit l’objet d’un tel traitement.


Difficile de ne pas voir là le poids de l’histoire – en l’espèce, du vingtième siècle. Pourtant, sont-ce les Russes qui ont déclenché la terrifiante tragédie que fut la Seconde Guerre mondiale ? Qui ont utilisé l’arme nucléaire, pour la première (et espérons la seule) fois dans l’histoire de l’humanité ? Qui ont mené d’interminables guerres coloniales, afin de maintenir le pillage de pays, voire de continents entiers ?
Non, les Russes n’ont pas, plus que d’autres, à rougir de leur passé. Peut-on décemment oublier que le sort de la Seconde Guerre mondiale bascula à Stalingrad ? C’est-à-dire sur le « front de l’Est » où, au prix d’indicibles souffrances, l’héroïsme d’un peuple et de son armée amorça ce qui allait aboutir à l’écrasement du IIIème Reich (la seule bataille de Stalingrad élimina deux fois plus de divisions de la Wehrmacht que celles qui furent mises hors de combat à l’Ouest entre le débarquement et la capitulation ; 85% des pertes militaires allemandes durant toute la guerre sont dues à l’Armée rouge).


Dans de tout autres domaines, ce qui était alors l’URSS fut capable de :
- Promouvoir l’éducation, la science, la culture au sein du peuple, à un rythme et sur une échelle dont peu de pays peuvent se targuer. 
- Accès massif aux études supérieures.
- Premier vol non habité dans l’espace, puis premier cosmonaute 


- Prix dérisoire pour la fréquentation des théâtres ou des salles de concert… (est-il permis d’ajouter que la promotion de la langue française fut spectaculaire : aujourd’hui encore, qui parcourt la Russie rencontre force interlocuteurs, notamment de milieux populaires, qui parlent la langue de Molière et connaissent souvent notre littérature bien mieux que nous-mêmes).


Sans doute les actuels dirigeants russes n’attendent-ils pas que l’Union européenne renvoie une autre image de leur pays que la caricature évoquée plus haut. Aucun espoir de ce côté-là. Pour trois raisons notamment. D’abord, certains pays-membres de l’UE ont à leur tête des responsables dont la raison d’être est historiquement la russophobie (pour ne prendre qu’un exemple, les gouvernants lettons mettent en œuvre des politiques de discrimination, de vengeance judiciaire et de révisionnisme historique, dont on a peu idée ici). Ensuite, l’Union européenne est née de, dans, et pour la Guerre froide, un baptême qui la rend définitivement siamoise de l’OTAN (quarante ans plus tard, Javier Solana est passé directement du secrétariat général de l’Alliance au poste de Haut-représentant de l’UE, et personne n’imagine que la baronne britannique qui lui succède fasse quoi que ce soit qui pourrait s’éloigner de cette consanguinité, au demeurant rappelée explicitement par le traité de Lisbonne).


Enfin et surtout, l’essence même de l’intégration européenne est de former un bloc par-dessus la tête des peuples et de leur souveraineté.


À l’inverse, les Russes ont tout à gagner à coopérer avec les Français en tant que Français, les Allemands en tant qu’Allemands (et, serait-on tenté d’ajouter, entre autres : les Grecs en tant que Grecs…). Et vice versa. S’il en était besoin, l’expérience vient de le confirmer : ce n’est sûrement pas grâce à Bruxelles que les salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire pourraient voir conforter leur emploi – bien au contraire, si l’on observe le tollé qu’a soulevé dans certaines capitales la perspective de commandes russes de bâtiments militaires. Et ce n’est pas quelque improbable musée communautaire, mais bien le Louvre, qui propose les remarquables richesses de « la Russie éternelle ».

 

La « belle et bonne alliance » dont parlait le Général de Gaulle passe nécessairement par les peuples. L’année de la Russie en France (et de la France en Russie) ne devrait pas manquer d’y contribuer. –
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Jour de colère ?

Hier c’était  jour de colère à Moscou. L’opposition au Kremlin en a profité pour défiler dans tout le pays pour marquer son mécontentement de la politique économique du Kremlin. Ses manifestations étaient un enjeu pour «l’opposition» après des élections régionales ou contrairement à ce qu’il a été dit partout, Russie Unie à récolté 68% des sièges qui étaient en jeu ce qui est plus que aux dernières élections de Mars et Novembre dernier. Malgré cela, le parti a vu ses scores baisser dans certaines régions (oblast de Sverdlovsk avec 42% et République de l’Altai avec 43% des voix). 
Egalement la presse étrangère si elle a bien noté la victoire de deux candidats non issus de Russie Unie dans deux villes de Sibérie, Irkoutsk (parti communiste) et également Ust Ilimsk (Russie Juste), a oublié de signifier que c’était bien la preuve que les élections étaient «libres» puisque des citoyens pouvaient voter pour des candidats de l’opposition.
Mais revenons à notre «journée de la colère» sur laquelle les médias ont été beaucoup plus bavards comme vous pouvez le constater «ici«. 
La lecture des titres des articles fait ressortir «Vladivostok» comme il y a quelques semaines «Kaliningrad» ou «Mourmansk». 1500 la, 5000 ici .. La presse étrangère tente de démontrer que la dislocation «politique et territoriale» du territoire serait inévitable, l’extrême est (Vladivostok), l’extrême ouest (Kaliningrad) et l’extrême nord (Mourmansk) étant en proie à des contestations populaires majeures. J’ai déjà traité ici de ces manifestations semi spontanées, qui rassemble une bien étrange coalition «orange-brun» que les médias occidentaux nous présentent comme des démocrates / libéraux. La manifestation de Kaliningrad , tout comme celle de Vladivostok ou celle de Moscou étaient activement sponsorisée par Iabloko, le parti communiste ainsi que le front de gauche ou solidarnosc.
Ce qui est intéressant, c’est la différence entre la réalité et ce que l’on nous dit ;)
Par exemple une manifestation à Arkangelsk nous est présentée en photos par Solidarnosc et radio liberty nous annonce que plus de 2000 personnes s’y sont rendues :)
Une photo aérienne de cette même manifestation donne une toute autre «idée» de la manifestation :
**
Autre exemple, une manifestation ce 20 mars à Orel :
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Ces manipulations de l’image ne sont pas nouvelles, rappelez vous le déboulonnage de  la statue de Saddam à Bagdad par le «peuple» en colère :
Et la photo Aérienne liée :
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L’année croisée, l’occasion de faire tomber les préjugés ?

A l’occasion de cette année, le journaliste Francais Thierry Gellée, qui travaille chez Ria Novosti et réside en Russie depuis très longtemps à accepter de répondre aux questions du Centre de Formation des Journalistes. Il en ressort quelques vérités bien placées :

«Il y a une Russophobie en France, les Francais n’aiment pas la Russie comme ils n’aimaient pas l’Union Soviétique…. C‘est des préjugés qui datent de très très longtemps par exemple le fait la Russie serait un pays sous développé, ce qui est absolument faux, mais cette idée est très présente et est véhiculé par la presse… Cette année croisée j’espère que elle permettra aux Francais de mieux connaitre la Russie et les Russes, c’est à dire à éliminer leurs préjugés «.

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Marie Jégo dans le gaz ?

Le 2 décembre 2009, à Irkoutsk (Sibérie) la Toyota Corolla d’Anna Chavenkova, 28 ans, faisait une embardée à toute vitesse sur un trottoir du centre-ville, percutant violemment deux passantes, Elena et Ioulia Piatkova, 34 et 27 ans. Anna reconnaîtra plus tard avoir »confondu la pédale de la vitesse et celle du frein». Filmées par une caméra de surveillance, les images de l’accident, d’une incroyable violence, ont été diffusées le 22 février, soit deux mois après les faits, à la TV russe (sur la chaîne Zvezda) puis sur Youtube.
Source : «l’immonde«

Pas de bol c’est totalement FAUX !

Врачам не удалось спасти жизнь одной из пострадавших, сбитых машиной в Иркутске. 34-летняя Елена Пяткова скончалась в 3 городской больнице, куда её доставили в очень тяжёлом состоянии.
Трагедия произошла в среду. Иномарка, ехавшая изначально по трамвайным путям, вдруг вылетела на пешеходную дорогу и сбила двух сестёр. Елену в критическом состоянии увезли в горбольницу, а её младшую сестру Юлию «скорая» доставила в медсанчасть Иркутского авиазавода. Сейчас вторая пострадавшая в реанимации, у неё многочисленные переломы.
После того, как одна из сестёр скончалась, следователи намерены переквалифицировать заведённое уголовное дело — теперь речь идёт «о нарушении правил дорожного движения, повлёкшем по неосторожности смерть человека».
Женщине, которая была за рулём, теперь может грозить до пяти лет лишения свободы. Впрочем, меру пресечения в отношении автовладелицы пока не избрали.

**
Toujours dans le même article (lisez attentivement) : 3ième paragraphe :

les conducteurs moscovites, comme ceux des autres mégapoles, sont toujours impatients. Il n’est pas rare de les voir conduire tout en parlant au téléphone portable en même temps qu’ils fument et boivent un café.


Le Moscovite conduit et en même temps il fume, parle au téléphone et boit un café …  Marie Jégo nous prend t’elle pour des idiots ?


Merci à Arthur

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La liberté de net et la Russie

Il est habituel d’hurler à a totale censure en Russie. Je me permets de vous livrer ce «lien» de Marie-Mendras publié dans «la tribune» ce 16/03/2010.

Internet s’est développé très vite en Russie et ne fait pas l’objet de censure sauf dans la région du Nord Caucase (Tchéchénie…), où des directeurs de sites ont été assassinés. En dehors de cette dramatique exception, le traitement du web est relativement libre en Russie, ce qui contraste curieusement avec le contrôle très étroit exercé sur les médias audiovisuels et la presse écrite.
Pensons à l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, grand reporter pour le journal indépendant Novaïa Gazeta. Alors que le gouvernement verrouille l’espace médiatique traditionnel, celui du web est le seul lien réellement ouvert de la société russe, où l’on peut écrire à peu près tout ce que l’on veut. Il est vrai qu’un tiers seulement de la population a accès à internet quotidiennement. 

A l’intérieur de la Russie qui surfe, majoritairement jeune et urbaine, l’intérêt pour les sites politiques ou de défense des droits de l’homme, pourtant nombreux, reste modeste.
En fait, le web est d’abord utilisé dans une finalité professionnelle ou ludique : les jeux en ligne et les sites de rencontre pullulent. Parallèlement, les autorités russes sont en train d’investir l’espace du web et des blogs, pour en faire un instrument d’influence et de propagande, occupant ainsi l’espace.

Attention donc à éviter les contresens, notamment en comparaison de la situation en Chine. L’analyse doit aussi prendre en compte la mentalités des sociétés, ce qu’elles attendent de l’internet.
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Le Nouvel Obs et la visite de Medvedev

La presse Francaise n’a pas été avare de commentaires sur la visite de Dimitri Medvedev en France. André Gluksman l’oracle de la Russophobie en France n’a pas non plus été avare de commentaires, permettez moi de vous faire part de mes impressions après lecture de deux articles essentiels.
Nos amis du Kremlin (nouvels obs, semaine du 25 février 2010)
L’inattendue conversion prorusse de « Sarko l’Américain » date de la crise géorgienne — le grand fait d’armes du président français en politique étrangère. Nicolas Sarkozy est sûr d’avoir réussi, cet été-là, un tour de force : dompter l’ours russe. «En août 2008, nous sommes arrivés à retenir la Russie »,assure son conseiller diplomatique Jean-David Levitte. Depuis, le président de la République croit savoir comment traiter avec les hommes du Kremlin, particulièrement avec Dmitri Medvedev, le prétendu réformateur, avec lequel il pense avoir noué une grande complicité. Il dit même à son entourage que, fort de ce savoir-faire, il va « civiliser les Russes ».

Oui vous avez bien lu : Sarkozy souhaite «civiliser les Russes».

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Le virage de Sarkozy (toujours le Nouvel Obs ..)


«Sarkozy m’a écouté, mais il a fait le contraire

« Avec la chute du mur de Berlin, on a créé un nouveau paradigme : celui de la révolution de velours, de la révolution douce. On a là un mouvement révolutionnaire qui, certes, a eu des échecs, mais qui, sur la longueur, a changé la carte de l’Europe. A l’Est (Ukraine, Géorgie), mais aussi à l’Ouest (Portugal, Espagne). Et maintenant en Iran. C’est une mutation très forte qui fait passer d’un ancien à un nouveau régime. Cette mutation, je m’en réclame. Elle passe par des mouvements d’intellectuels et de dissidents».


Oui vous avez bien lu : ainsi parle Glukman.

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Une autre image de la Russie, l’affaire des Russes

J’incite mes lecteurs à lire les articles du projet Russia Beyond the Headlines. Ce jumelage entre Российская газета et divers organes de presses du monde a pour but de mieux faire connaitre la Russie et lui permettre d’améliorer son image. En France, le jumelage est fait avec le Figaro. J’ai contribué avec plaisir à ce projet en écrivant un article sur l’image de la Russie intitulé : «une autre image de la Russie, l’affaire des Russes«.

Extrait :

À propos du groupe qu’elle vient de créer sur Facebook (« Fin des préjugés sur les Russes »), Sofia tient à préciser que« l’URSS a bien disparu en 1991 », qu’elle (Sofia) « n’habite pas dans une isba, ne boit pas de vodka (et jette encore moins les verres) », que son voisin « n’est pas un ours blanc » et qu’accessoirement elle « n’est pas blonde!»
……………..
La suite ici
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Chez Taddéi : la Russie 10 ans après ..

Chers lecteurs : vous pouvez envoyer vos messages de soutien et remerciement à messieurs Sapir, Todd et Kalika pour leur brillantes interventions chez Taddéi.
Un malus aux autres intervenants dont la mauvaise foi (par Poutinophobie primaire) les éloignent de toute analyse objective …
Le lien de l’émission est ici
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Chroniques de la vieille Europe : cap Russie !

Votre serviteur a été interviewé en direct sur le journal de la nuit ce 09 février, notamment sur l’année croisée et les élections en Ukraine …

Le “Libre journal de la nuit de la vieille Europe” est une émission diffusée toutes les 4 semaines, le mardi de 21h30 à 23h00 sur Radio Courtoise.
Présentation : Patrick Péhèle (journaliste), Philippe Christèle (consultant international), Xavier van Lierde (journaliste), Lucien Valdes (journaliste), Grégoire Gambier (journaliste), Olivier Lebrun (spécialiste sur la Défense).
Dans chaque émission les chroniqueurs commentent l’actualité géopolitique, européenne et culturelle. Un invité est reçu autour d’un thème consacré à l’actualité ‘européenne (géopolitique, diplomatie, économie, littérature, cinéma…).
Les interventions sont écoutables sur le site «chroniques de la vieille Europe«.
La Russie a déjà été traitée avec de prestigieux intervenants notamment :

Andréï Gratchevjournaliste, écrivain, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev.
- Georges Nivat, professeur de littérature russe à l’Université de Genève et à l’Université européenne de Saint-Pétersbourg sur la Russie et la politique de Vladimir Poutine.
Jean Robert Raviot sur son dernier livre “Démocratie à la russe, pouvoir et contre-pouvoir en Russie” au édition Ellipses.
- Alexandre Douguine sur sa conception géopolitique d’Eurasisme.

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