L’intégration économique et politique de l'Eurasie : objectifs réalistes ?

  Veuillez-trouver ci dessous mon interview de ce début 2017 pour la lettre de l'Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l'Institut des Hautes Etude de Défenses Nationales /// WWW.ANAJ-IHEDN.ORG Comment définir l’axe eurasiatique ? Je crois qu’il faut tout d’abord envisager cet Read more

Conférence au MGIMO sur la politique étrangère de François Fillon (27/02/2017)

La politique étrangère de François Fillon : vers un nouveau gaullisme francais ? Photos sur le site du MGIMO Photos sur Facebook Bonjour à tous et merci beaucoup à cette institution qu’est MGIMO de nous recevoir aujourd’hui. Mon propos sera court, je souhaiterais vous parler Read more

Interview chez Sputnik avec Rachel Marsden

Interview avec Rachel Marsden dans les locaux de Sputnik Paris (source originale) Read more

Articles en francais

L’alliance euro-russe pour sauver l’euro?

Dépasser les stéréotypes et devenir des partenaires plus proche de la Russie sont les voies naturelles de développement des pays Européens pour les aider à résoudre leur problèmes, a affirmé Jean-Pierre Thomas conseiller du Président de France pour la Russie.

Celui ci a donné une interview à Russia Today, dont je retransmets le texte en Francais ci dessous. Le titre de l’interview est : «une zone économique euro-russe peut sauver l’euro».



RT: Vous venez en Russie tous les 15 jours. Quelle est votre mission principale?Ma première mission confiée par le président Sarkozy en accord avec le président Medvedev est de faire un rapport, et de réfléchir sur l’établissement d’une zone économique euro-russe. Et la deuxième partie de la mission est de renforcer la coopération économique dans tous les domaines possibles entre nos deux pays.


RT: Vous avez également la responsabilité de développer le commerce entre la France et la Russie. Quels secteurs de l’économie russe pensez-vous sont les plus attractifs pour les chefs d’entreprise en France?Aujourd’hui pour la France, c’est bien sûr les matières premières et les échanges que nous avons, le gaz, le pétrole est essentiel, mais nous faisons beaucoup d’entre choses. Aujourd’hui regardez ce que fait Alstom avec TransMach Holding, on fabrique des locomotives ensemble qu’on exporte dans le monde, regardez ce que fait Sanofi dans le domaine pharmaceutique. On coopère dans plein de domaines technologiques nouveaux et aujourd’hui les domaines sont multiples parce que l’on est au cœur du plan de modernisation de la Russie et les entreprises françaises peuvent apporter beaucoup sur la technologie. Et donc pour nous les sujets d’intérêt sont multiples, pas seulement les matières premières qui demeurent essentielles, y compris le nucléaire, dans lequel nous pouvons coopérer beaucoup plus.

RT: Vous parlez de bons côtés de la modernisation, et le président Medvedev a critiqué le climat d’investissement en Russie. Voyez-vous une amélioration?
Moi, je vois des progrès considérables. Je suis la Russie depuis de nombreuses années et je crois qu’on a tort de vouloir donner des leçons à la Russie. Aujourd’hui la Russie a 20 ans, et les progrès sont considérables. Et Vladimir Poutine et le président Medvedev ont fait un travail considérable, on le voit, les changements sont forts. Simplement, de notre côté, on n’en est pas toujours très conscients. D’abord il faut lire le russe, ce qui est peu courant, deuxièmement il faut venir en Russie plus souvent. Donc il faut qu’on ouvre aussi notre esprit. Il reste beaucoup de choses à faire. Vos leaders, le président, votre premier ministre, le disent. A Saint-Pétersbourg, le plan de travail était clair. Il reste beaucoup à faire. Mais beaucoup a été fait. Le climat d’investissement est bien meilleur. Regardez aujourd’hui le courant d’affaires que nous avons entre nous. Les grands groupes français sont présents aujourd’hui, regardez aujourd’hui Vinci fait la liaison autoroutière entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Nous développons aujourd’hui des domaines de coopération sur l’électricité. En marge du sommet de Saint-Pétersbourg, nous avons signé avec EDF l’aménagement et je dirais la fourniture en électricité de la ville de Tomsk. Nous fabriquons des pièces pour EADS, pour Airbus à Irkoutsk en Sibérie. Donc il y a de multiples domaines de coopération, elle fonctionne la coopération entre la France et la Russie

RT: Mais si quelqu’un comme vous ne vient pas en Russie tous les 15 jours - juste une communauté d’affaires en dehors de Russie. Ont-ils toujours les vieux stéréotypes de la Russie?Les hommes d’affaires présents en Russie, si vous parlez avec les présidents des grands groupes français qui sont présents, ils sont très heureux d’y être et ils veulent développer leurs affaires. Ceux qui n’y sont pas encore ont souvent des à-priori et nous avons, je dois le dire, en Europe de l’Ouest, pas seulement en France, un problème avec nos médias qui ne connaissent pas assez la Russie, et la Russie devrait aussi communiquer davantage. Il y a des vieux stéréotypes et les progrès réalisés ne sont pas assez sentis.

RT: Pourquoi? Pourquoi les médias sont biaisés en Occident sur la Russie?Je pense que les médias ont l’image de la Russie d’avant, de la Russie d’il y a 15-20 ans, et comme ils ne viennent pas assez souvent en Russie, et que la Russie communique assez peu finalement sur ce qu’elle fait  à l’intérieur chez nous, on raisonne sur des réalités qui ne sont plus du goût du jour, et qui sont fausses, et ça je crois que c’est un sujet important. C’est un blocage. On parle souvent des grands groupes, mais pensez à des nombreuses petites et moyennes entreprises, en Russie et en France. Déjà beaucoup coopèrent, mais on pourrait faire beaucoup plus dans ce domaine.

RT: Comment les entreprises françaises que vous apportez à la Russie contribueront à diversifier l’économie?
Aujourd’hui, vous êtes au cœur d’un plan de modernisation de la Russie. Que ce soit dans le domaine de vos transports, dans le domaine de la distribution d’eau, d’électricité, dans le domaine de l’aéronautique, dans le domaine de la santé, au niveau des laboratoires, dans le domaine de toutes les technologies de pointe, et d’ailleurs vous avez Skolkovo qui est une grande réussite, qui est train de démarrer, mais beaucoup d’entreprises, EADS, Alstom, bientôt Sanofi, beaucoup d’entreprises internationales, américaines, allemandes et d’autres sont présentes, donc nous pouvons aider la Russie sur des transferts de technologie dans beaucoup de domaines.

RT: Lors de cette visite vous irez dans le Caucase du Nord pour évaluer son potentiel d’investissement. Le chiffre du tourisme alpin expertise t-il votre approche?Oui, et je crois que la Russie a pris une très bonne décision, qui est celle d’essayer de stabiliser et d’assurer une meilleure sécurité dans cette zone par le développement économique. Et les deux présidents, le président Medvedev et le président Sarkozy à Deauville, en marge du G8, ont fait une déclaration commune. La Russie a choisi la France comme fournisseur essentiel, pas exclusif, mais essentiel, pour essayer d’implanter dans cette zone des stations de ski, du thermalisme, de développer la côte, c’est un immense projet, dirigé par monsieur Bilalov, qui est le président de North Caucasus Resort, nous allons avec madame Naboulina demain, visiter ce site et je crois que le pari du développement touristique est un bon pari pour développer cette zone. Quand on crée des emplois, quand on donne aux gens un espoir, hé bien on augmente la sécurité qui passe aussi par le développement de l’économie, et nous allons participer à cette belle aventure.

RT: Est-ce la première fois vous allez vous rendre dans le Caucase du Nord?Oui, pour moi c’est la première fois et je suis très désireux de connaître cette zone qui est superbe. J’ai vu les photos, les équipes françaises qui m’accompagnent connaissent déjà cette zone, c’est un lieu superbe, et je pense que vous pouvez développer un lieu touristique au centre de l’Europe qui sera très attractif pour le monde entier.

RT: Combien de temps pensez-vous qu’il faudra pour se transformer en un paradisdu tourisme? En ce moment ce n’est pas l’endroit le plus sûr pour les touristes à parcourir.Vous savez, la France a l’expérience. On avait développé en Croatie, rappelez-vous la Turquie dans les tout débuts, quand on développait le tourisme en Turquie, ce n’était pas si sûr. Et le pari fait par votre gouvernement et votre président, de dire au fond on va développer cette zone, créer des emplois pour les jeunes, bien sûr assurer la sécurité, le gouvernement assure la garantie pour les investissements pour 70%, s’est engagé à assurer la sécurité, c’est à la fois un pari, mais c’est le bon pari pour développer cette zone donc c’est ce qu’il faut faire.

RT: De quel montant d’investissements parlons-nous?C’est un projet considérable, sur de nombreuses années, c’est plus de 15 milliards de dollars à investir. Les entreprises françaises et puis aussi d’autres entreprises que françaises pourront participer. Des investisseurs, et bien sûr le gouvernement russe investit beaucoup sur les infrastructures, nos entreprises, je pense à Pomagalski qui fait les remontées mécaniques, c’est un emblème, ou d’autres entreprises françaises seront présentes, on va investir et il faudra aussi attirer des capitaux du monde entier, c’est un très grand projet.

RT: Parlons de l’euro. Quelles sont les préoccupations au sujet de l’euro en France? Sont elles liées avec l’Espagne et l’Italie, qui devraient demander  également un plan de sauvetage?
Je pense aujourd’hui que l’euro, quoi qu’on en dise, n’est pas menacé dans sa structure. Il connaît des difficultés. Mais puisqu’on parle ici de coopération et d’un espace un jour économique de libre circulation des hommes, des capitaux, entre la Russie et l’Europe de l’Ouest, ce sera pour l’Union Européenne et pour l’euro, une zone de respiration, une zone économique supplémentaire et donc un renforcement de l’euro.

RT: Vous pensez qu’une zone économique russo-européenne pourrait sauver l’euro?
Oui, je crois qu’aujourd’hui l’Europe qui est une entité politique, économique, a besoin d’un espace économique beaucoup plus grand pour la compétition mondiale. Songez que le continent américain est regroupé au niveau de l’ALENA, les pays asiatiques se regroupent au niveau de l’ASEAN, nous n’avons pas une grande zone sur le continent européen, et pourtant tant de choses nous lient dans l’histoire, dans la culture. Et aujourd’hui nos complémentarités économiques sont fortes. D’un côté les matières premières, un immense espace, d’un autre côté une capacité commerciale, une certaine avance dans certains secteurs, pas tous, technologiques, vous avez ici aussi des technologies de pointe, font que nous avons un intérêt commun, et des intérêts communs à défendre dans le monde et je crois qu’aujourd’hui cela ne peut que renforcer la zone euro, l’euro lui-même et que par rapport à l’émergence de la Chine qui pour vous est un grand partenaire mais aussi un grand concurrent. 
Ce qui se passe au sud de la Méditerranée, où l’instabilité va être quand même assez longue, l’accession à la démocratie de ces pays sera beaucoup plus longue qu’on ne veut bien le dire, et nos partenaires outre-Atlantique sont aussi des concurrents, donc l’idée d’avoir cette zone économique continentale russe est aujourd’hui je crois à la fois une chance et une nécessité, pour la Russie et pour l’Europe de l’Ouest, pour nos pays.

RT: En parlant de points communs, la Russie et la France ont toujours concouru pour la défense et de contrats militaires, et aujourd’hui la Russie achète des porte-hélicoptères français. Que pensez-vous de cela?
C’est une grande première. Nous avons signé à Saint-Pétersbourg en présence du président Medvedev le Mistral, c’est la première fois que la France fait un transfert de technologie, vend un produit aussi important sur le plan militaire. Et de la même façon, d’ailleurs, la coopération va dans les deux sens. Le premier ministre, Vladimir Poutine, étant à Paris, nous avons le Beriev aujourd’hui en essai, cet avion qui, Beriev 200, qui permet d’éteindre des incendies est aujourd’hui testé dans l’ouest de la France, et la France regarde pour acheter cet avion. Donc notre coopération dans ces domaines sensibles, le Mistral est un exemple, montre que le climat politique est bon. Il n’y a plus aujourd’hui aucun nuage entre la France et la Russie, et les contacts entre les deux présidents sont excellents, avec le premier ministre aussi. Je crois que nous avons un climat politique qu’il faut saisir, parce qu’il est très bon et c’est l’occasion de renforcer, de développer notre coopération très vite.

RT: Vous connaissez très bien à Moscou, parce que vous venez ici très souvent. Nous aimons à penser que Moscou est comme le New York de l’Europe orientale.Pensez-vous que Moscou peut avoir le statut d’un centre financier international?Moi je suis convaincu, nous avons reçu monsieur Volochine, qui est responsable de Moscou place financière à Paris. Il a rencontré les instances de régulation françaises sur les marchés boursiers, sur l’ACP, sur la régulation des banques et des compagnies d’assurance, pour s’inspirer de ce que l’on fait en termes de régulation, pour que vous soyez au standard et dans les normes mondiales. Notre idée est que Moscou, située à mi-chemin, entre Hong Kong et New York a un rôle central à jouer. On a ici un grand pays des matières premières, Moscou peut être demain la grande place financière des matières premières. Vous êtes les leaders mondiaux du pétrole, du gaz, regardez des grands groupes comme Rusal, Norilsk Nickel, je veux dire que vous avez des leaders mondiaux dans les domaines énergétiques, donc Moscou a un rôle à jouer, et en plus pour nos places financières on peut trouver des synergies dans les domaines des dérivés, dans beaucoup de choses, et donc nous, nous sommes convaincus que le rouble, et Moscou doit devenir une grande place financière internationale. 
Vous avez encore beaucoup de choses à faire sur le plan juridique, sur le plan de la sécurité juridique, sur le plan de la régulation, mais vous êtes en train de le faire, et la seule chose à faire est de vous aider, pas de donner des leçons.
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Audition de l’ambassadeur de France au Sénat sur la Russie

Audition de M. Jean de Gliniasty, ambassadeur de France en Russie, et communication de M. Patrice Gélard, président du groupe d’amitié France-Russie du Sénat. Le texte complet est ici.

Je me permets de retranscrire juste les passages clefs ci dessous :

Le taux de natalité s’est stabilisé à un niveau «occidental», et si le taux de mortalité reste élevé, chez les jeunes hommes en particulier, c’est en raison des accidents de la route, de la drogue, de l’alcool ainsi que de l’effondrement du système sanitaire et médical. Mais ces facteurs sont exogènes et des améliorations sont possibles. Le redressement des structures hospitalières est devenu une priorité pour le régime. La population devrait se stabiliser autour de 140 millions d’habitants

La population russe lit la presse, qui sans être totalement libre est surtout bridée par l’autocensure. Bien sûr, si le président ou le premier ministre ne sont pas contents, ils passent des coups de téléphone, mais la presse est tout de même très libre. En lisant sept ou huit journaux différents, on sait tout — à condition de décrypter « l’intox ». La télévision nationale ne jouit pas de la même liberté : elle diffuse le pain et les jeux, ainsi que des informations calibrées sur la politique intérieure. C’est l’ORTF ! Mais chacun a accès à toutes les chaînes étrangères ; Euronews, par exemple, certes guère «toxique», offre matin et soir une ouverture sur le monde entier. La liberté est absolue sur internet, contrairement à ce qui se passe en Chine.

Les groupes d’extrême droite aiment à «casser du noir» -en l’occurrence des Caucasiens. Mais une vraie répression a été engagée depuis le discours de Vladimir Poutine en novembre 2008 en présence des journalistes : « il faut respecter les étrangers qui travaillent chez nous » avait alors clamé le Chef de l’Etat.

Une délégation du groupe d’amitié France Russie du Sénat, que je conduisais et composée de nos collègues Mme Marie-Hélène Des Esgaulx, Mme Catherine Troendle, M. Nicolas Alfonsi, M. Yves Pozzo di Borgo et M. Pierre-Yves Collombat, s’est rendue en Russie, du 27 septembre au 3 octobre derniers, à l’invitation du Conseil de la Fédération de Russie. Nous ne nous étions pas rendus en Russie depuis trois ans et nous avons trouvé le pays très changé.

Le problème des visas entre la France et la Russie relève largement de l’Union européenne. La France et la Russie ont toutefois signé un traité bilatéral, le 27 novembre 2009, sur les migrations professionnelles, qui devrait améliorer les conditions de circulation et de séjour des entreprises et des travailleurs français en Russie, et je félicite l’ambassade de France pour son travail.


Reste qu’il est choquant de refuser aux Russes la libre circulation sans visa que l’Union européenne accorde aux Serbes, aux Bosniaques ou aux Macédoniens, d’autant que le risque migratoire en provenance de Russie est très faible.


Face à l’afflux de demandes de visas, l’ambassade de France, débordée, a dû sous-traiter la gestion des demandes à une entreprise indienne, ce qui n’est pas satisfaisant.

L’Allemagne semble toutefois réticente à la libéralisation des visas.
À Moscou, M. Iouri Loujkov avait sous-traité à des groupes ethniques la gestion de quartiers et de zones économiques. Le gigantesque marché de Cherkizon, où l’on ne trouvait que des textiles importés en fraude de Chine, a été fermé par le gouvernement il y a un an : depuis, les producteurs de textiles russes ont vu leur production croître de 30 % ! Mais tous les textiles vendus sur les marchés russes sont chinois. Même chose au Kazakhstan…
Les Russes sont tout aussi vigilants sur le plan démographique. À Vladivostok, on voit des Coréens, des Japonais mais on ne trouve pas un seul Chinois ! Le consul général des États-Unis estime que si les Russes laissaient entrer les Chinois, le PIB augmenterait de 2 %, mais le gouverneur s’y refuse. Quant au consul général de Chine à Khabarovsk, il m’a tenu un discours lénifiant, disant s’intéresser uniquement aux régions riches, et non à l’Extrême-Orient.


La guerre de Tchétchénie a été un traumatisme collectif. De nombreux Russes ont été chassés, dans des conditions catastrophiques : ils forment la clientèle électorale de Vladimir Jirinovski. Les Chinois ne sont guère visibles : l’immigration économique est essentiellement caucasienne, les personnes originaires du Caucase reprennent tous les petits commerces. La montée du racisme à leur égard dans la société est indéniable. Le gouvernement, en revanche, est conscient qu’il faut intégrer une partie de ces immigrés, russophones et souvent éduqués, pour enrayer le déclin démographique. 




Il n’y a pas non plus une once d’antisémitisme d’État en Russie. Vladimir Jirinovski est d’ailleurs juif; sa famille a été exterminée par les Allemands. D’importantes personnalités du monde politique et administratif sont d’origine juive. Pas d’antisémitisme donc dans l’appareil d’État, dans le monde du spectacle ou des arts, plus de quotas implicites comme au temps de l’URSS. Mais il y a bien une tradition antisémite sous-jacente notamment orthodoxe. Les préjugés existent, mais sans être très nocifs : la question raciale n’est pas aussi taboue dans la société russe qu’en France, et l’ironie et les sobriquets sont monnaie courante.


Aujourd’hui, le souci est de différencier le «bon» Islam de l’extrémisme. Le Tatarstan est l’une des provinces les plus dynamiques en la matière : en face d’une énorme cathédrale orthodoxe se dresse une énorme mosquée. Le métropolite et le Grand mufti s’entendent parfaitement, l’église officielle musulmane est cultivée et honorée. Son école religieuse enseigne aussi bien la philosophie occidentale que le Coran : nous pourrions nous en inspirer ! À Moscou, la mosquée en construction en face du stade olympique arborera un bulbe doré de dix mètres. Les religions officielles -l’islam en fait partie- sont cultivées ; les sectes protestantes et pentecôtistes sont respectées, l’État intervenant discrètement dans les luttes internes.
Religion officielle, l’islam est encouragé quand il joue le jeu de la légalité.


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Mistral gagnant, dénouement ?

La France et la Russie ont signé aujourd’hui vendredi 17 juin le contrat de vente de deux Mistral (les deux premiers), lors du Forum de Saint-Pétersbourg. L’accord a été signé par des responsables du groupe de construction navale militaire français DCNS (contrôlé à 25% par le groupe d’électronique de défense Thales) et le groupe public russe Rosoboronexport.

Les deux premiers Mistral seront donc construits en France, aux chantiers STX de Saint-Nazaire et les deux suivants le seront en Russie, grâce aux transferts de technologie qui font partie du contrat. La part industrielle russe augmentera progressivement pour les quatre bateaux : 20 %, 40%, 60%, 80% — soit au final un partage 50/50. Le premier bateau devrait être livré fin 2013.  

DCNS va donc être le maître d’œuvre, STX le sous-traitant associé à des entreprises russes qui prendront part à la construction. Côté transfert de technologies, il semblerait que les BPC russes soient bien équipés comme le Mistral, avec le Système d’Exploitation Navale des Informations Tactiques (SENIT).

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En voila une bonne nouvelle !

Texte lié: Mistral Gagnant (Novembre 2010)
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Russianpodcast

Pour mes lecteurs francophones, je me permets de signaler le blog de Tatiana Klimova, site gratuit pour les personnes étudiant le russe: www.russianpodcast.eu.
Tatiana est Enseignante — Guide — Interprète et également  Chargée de communication au Business Club Russie de Lyon.
Vous pouvez trouver son site professionnel ici : www.klimovaservices.com

 

 

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L’état de droit en Russie — Colloque à Sciences Po paris (11 AVRIL 2011)

Le 11 avril dernier, s’est tenu à Sciences-po à Paris un colloque ayant pour thème: «la Russie et l’état de droit». Le colloque se voulait (je cite) intervenir à un moment crucial de l’agenda politique russe:
- 8 mois avant les élections parlementaires à la Douma d’État (décembre 2011)
- 1 an avant les élections présidentielles (mars 2012)
- trois semaines avant le jugement en appel de Mikhaïl Khodorkovsky et de Platon Lebedev
Deux thèmes de discussion se devaient d’être discutés:
—> Quel rôle pour la société civile dans le système politique russe ?

—> L’état du système judiciaire russe
La liste des invités, tout autant que l’affiche utilisée pour promouvoir cet événement en dit long sur ce que l’on pouvait attendre d’un tel évènement:

- Mikhail KASSIANOV, co-président du parti d’opposition «Narodnaya Svoboda»
- Lecture d’un message d’Heidi HAUTALA, Présidente de la Sous Commission des Droits de l’Homme au Parlement Européen, députée européenne Les Verts.
- Zoya SVETOVA, journaliste d’investigation à l’hebdomadaire russe Новое Время
- Leonid GOLOVKO, Docteur en Droit et Professeur à l’Université d’État de Moscou Lomonossov (МГУ им. Ломоноссова), expert de la réforme du système pénal russe 
- Vadim KEINER, Directeur de rechercher au Hermitage Capital Management Group : affaire Serguey MAGNITSKY avocat de HCMG, décédé en prison en novembre 2009
- Un membre de l’équipe de défense de Mikhail KHODORKOVSKY.
- Cyril TUSCHI, cinéaste allemand, réalisateur du film documentaire «Khodorkovsky», présenté au Festival International du Film de Berlin 2011
- Natalia IVANOVA, rédactrice en chef adjointe de la revue Znamia (Знамя), éditrice de la correspondance entre Mikhail Khodorkovsky et Ludmila Oulitskaïa
- Andrey ILLARIONOV, économiste, ancien Conseiller économique et Sherpa au G8 du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine
- Natalie NOUGAYREDE, journaliste au service International du Monde, ancienne correspondante du Monde à Moscou
- Galia ACKERMAN, Présidente de l’Association Franco-Russe des Journalistes, ancienne chef du service Russe à RFI
- Ella POLIAKOVA, Présidente du Comité des Mères de Soldats de Saint-Pétersbourg (ONG)
- Anne NERDRUM, Amnesty International France
- Yury SAMODUROV, Collaborateur Scientifique en Chef du Département des Programmes et Projets Expérimentaux au Centre National pour les Arts Contemporains du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie (ГЦСИ), ancien Directeur du Centre Sakharov, condamné en 2010 avec Andrey EROFEEV pour «incitation à la haine religieuse» pour l’exposition «Art Interdit 2006″
- André GLUCKSMANN, philosophe et essayiste français
- François ZIMERAY, Ambassadeur français pour les Droits de l’Homme
Le colloque était précédé de l’AVANT-PREMIÈRE française du film documentaire «KHODORKOVSKY» du réalisateur allemand Cyril TUSCHI, en sa présence. 
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J’ai reçu de la part de Henri Paul FALAVIGNA, Président association humanitaire «solidarité enfants de Beslan» cette lettre de réponse que je me permets de publier ici.

Chers Amis,
Lors du colloque de lundi 11 avril 2011, organisé amphithéâtre Emile Boutmy,  par les étudiants  de l’association franco-russe de Sciences Po Paris, sur l’Etat de droit en Russie : nous avons été invités, puis bien accueillis par l’organisatrice «  j’espère que vous répondrez à nos interrogations » mais très vite, Il ne nous échappe pas que les entrées sont étroitement surveillées, pas d’accès sans invitation, et que la parole n’est jamais accordée à la salle, celle-ci à plusieurs reprises tente de s’exprimer , ce sera sans succès en dépit de ses cris !
André Glucksmann,  présente  les conclusions du colloque et  dénonce un pays  brutal qui ne  respecte pas les Droits de l’Homme, pour preuves : l’  attaque de l’école de Beslan par l’armée russe avec des lance-flammes  et l’invasion de la Géorgie en 2008! Nous protestons, nous n’obtenons pas la parole, et pourtant, nous avons une expertise de l’Ossétie?
 ***Beslan : nous avons  enquêté  en 2008 avec des journalistes de l’AFP, les enfants et  les adultes survivants que nous avons interrogés,  donnent le nom de « bandits » aux barbus qui les ont torturés pendant 3 jours. Ils situent la  bombe qui a explosé prés du panneau de basket, au fond à gauche du gymnase. La seule interrogation  comment et pourquoi a-t-elle explosé à 13 heures ? 
***Ossétie du Sud  deux journalistes de France3, effectuait un reportage sur les enfants à Beslan, lorsque nous avons appris le 8 aout 2008, l’invasion de l’Ossétie du sud par les géorgiens et leur bombardement de Tshinkivali. A notre demande, Les 2 journalistes : Sylvain Lequesne et son cameraman Jean Jacques Buty , sont allés sur place le 9 aout 2008, recueillir les témoignages de la population ossète sinistrée, traitant leurs agresseurs géorgiens de fascistes, leur reportage   transmis au JT de France3  le soir même .son   DVD est à  disposition.
 Il faut attendre la clôture du colloque pour enfin nous approcher André Glucksmann : « faites attention : vous vous décrédibilisé, et nous faites beaucoup de peine, avec d’énormes contre vérités : à Beslan et Tshinkivali la Russie est la victime d’agressions elle ne fait que se défendre, et c’est reconnu actuellement par toutes les diplomaties»
André Glucksman se  retourne  vers sa voisine  et nous présente Nathalie Nougayrède, journaliste du journal Le Monde : »Voici la source de mon information, elle était  présente à Beslan. Elle a vu l’emploi de lance-flammes » « Oui, à Beslan, j’ai vu l’emploi de lance-flammes par l’armée russe »,
Nous l’interrogeons « à quelle heure ? » pas de réponse … Nous lui rappelons qu’un assaut organisé et planifié ne dure pas 4 heures comme à Beslan. Lorsqu’à 13 heures les bombes des terroristes explosent, des enfants  projetés à l’extérieur, s’enfuient  (photos de Paris Match d’une gamine qui cherche à rentrer à nouveau dans l’école pour retrouver sa famille)  Tandis que les policiers, surpris, sans prendre le temps de mettre leurs gilets pare-balle, se précipitent  au secours des enfants, fendent la foule des familles (il n’y avait pas d’intervention programmée, donc pas de périmètre de sécurité). Les terroristes islamistes étaient une trentaine, ingouches et tchétchènes. Pour les mettre hors de combat dans des divers bâtiments du groupe scolaire proche du gymnase, il faudra plusieurs heures et c’est là seulement que des moyens lourds ont été mis en œuvre pour éliminer les derniers terroristes. Un seul terroriste survivra, il échappe à son lynchage par les familles des enfants de Beslan,  jugé il est condamné à la prison à perpétuité (en Russie un moratoire évite la peine de mort)
Lors des prises d’otages, Les protocoles d’assaut des forces spéciales anti-terroristes sont  toujours d’une exécution rapide.  En France le GIGN est intervenu à l’aéroport de Marseille en moins de 20 minutes….comme  Israël à Entebbe et Alpha et Vimpel à la Doubrovka de Moscou.
Il ne faut pas effacer les 3 jours de tortures des enfants: dés  le 1er septembre 2004, les terroristes islamistes ont assassiné des parents et des enfants et disposé des bombes dans le gymnase où leurs 1127 otages étaient entassés. Pendant 3 jours les enfants ont été torturés, obligés de survivre devant le sang de leurs parents assassinés, privés  de boissons en dépit d’une forte chaleur estivale, les enfants humectent leurs bouches avec leurs urines ! 
Le 3 septembre ,les terroristes tirent sur les enfants qui s’enfuient, ici photo de Georgi illil, une balle des terroristes reçue dans le dos, sa photo a fait le tour du monde, il est désormais parrainé par notre vice présidente Victoria Faddeeff qui lui adresse beaucoup de tendresse
Comme les américains à  la Nouvelle Orléans pour Catherina, à Beslan les russes ont été dépassés par les dimensions exceptionnelles de leur drame.
Les responsables OSSETES  avaient leurs enfants dans l’école et redoutaient une intervention. Les explosions ont surpris les autorités et  il n’y a pas eu d’assaut organisé.
André Glucksmann : «  l’état de droit n’existe pas en Russie: rappelez vous, L’agression de la Russie sur la Géorgie » … Encore une contre vérité reconnue par la diplomatie internationale. La capitale Tshinkivali a été gravement bombardée par les géorgiens lors de leur invasion d’Ossétie du sud le 8 aout 2008. Nous avons le DVD  témoignage des journalistes de  France3 en reportage en Ossétie, présents à notre demande le 9 aout 2008 à Tshinkivali, au milieu des ruines, après les bombardements de la population civile  par les géorgiens.
Pourquoi   accuser les victimes ?  Pour tenter d’innocenter les coupables ?  
Pourquoi oublier la responsabilité première  des terroristes islamistes et leurs 3 jours de tortures et d’assassinats d’enfants, qui précédent les explosions du 3 septembre 2004.

André Gluksman: respectons  la mémoire des enfants innocentes victimes des terroristes   
Henri Paul FALAVIGNA
Président association humanitaire «solidarité enfants de Beslan«
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Séminaire —> Russie : Terre d’opportunités

Chers lecteurs,

les étudiants du Master 2 Science du Management et Commerce à l’International de la faculté Jean Monnet à Sceaux (Université Paris Sud 11), vont organiser le séminaire « Russie : terre d’opportunités » le 9 février 2011, pour promouvoir la connaissance du marché russe.

L’entrée est libre et je joins le programme ci dessous :

9h15 : Ouverture par Jérôme FROMAGEAU, Doyen de la Faculté Jean Monnet.
Présentation : Florent PESTRE, Responsable de Master 2 Commerce International.
Animation : M. LUTIQUE, Président du Cercle Kondratieff
9h30 : Géopolitique
- Mutations économiques, sociales et politiques, Patrick DOMBROWSKY, Directeur de l’Observatoire d’Analyses des Relations Internationales Contemporaines (OARIC).
- Système des fédérations et exemple du Tartastan, Pascal K. MAS, Conseiller spécial du Ministre-représentant permanent de la République du Tatarstan à Paris.
11h00 : Economie rentière et modernisation  
- Une économie rentière mise à mal par la crise & Les atouts de l’économie russe, M. TRUEL, Vice président du cercle Kondratieff et directeur de la société IBD.
- Les défis de la modernisation, Anna TCHOUB, doctorante à l’Université Paris 1 Sorbonne.
12h30-14h00 : Déjeuner libre
14h00 : Les relations commerciales franco-russes
- Par le chef de la délégation économique et commerciale de l’Ambassade de Russie en France.

maître de conférences à l’Université Paris IV.
-Témoignage d’une expérience professionnelle, Yulia PELEVINA,  ex-commerciale export Russie.

15h30 : Les aspects sectoriels : agriculture et tourisme
- Les enseignements  des partenariats franco-russes dans les investissements agro-alimentaires en Russie, Maurice ROSSIN, ancien conseiller agricole auprès de l’Ambassade française à Moscou.
- Les perspectives du tourisme, Laure JACQUET, Directrice France de Tsar Voyages.
17h00 : Clôture du Séminaire par Florent PESTRE. 
Mail: seminaire.russie@yahoo.fr
Adresse : 
Université Paris Sud XI, Salle Vedel, 54 Bd Desgranges, 92330 Sceaux
RER B : ROBINSON
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Les préjugés sur la Russie sont irritants

Qui à écrit: 
«Au petit matin j’accède à internet (..) et lis les opinions sur la Russie, sur son gouvernement (..) Et je vous avoue que cela me réveille immédiatement (…) J’ai tout de suite envie de répondre, d’agir (…) afin de dissiper tout malentendu. 
Puis je me calme, car il ne faut jamais se précipiter (…) et la vérité finira toujours par triompher.» 
Réponse ici
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Cоболезнования

Мои соболезнования семьям погибших..
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Coup de gueule ..

… Contre les médias Français. Alors qu’en ce 24 janvier 2010 un attentat vient de frapper Moscou, je me permets de pousser un coup de gueule.
Hier soir au JT de TF1, l’histrion Djamel Debouzze s’est permis une petite remarque sur les élections en 2012 (en France) en plaçant cette petite phrase: «Poutine ne doit pas repasser..» devant une Claire Chazal émerveillée devant son humour d’intellectuel et je cite de «Sociologue», lui qui affirme par exemple que l’Islam est arrivé en France il y a 3.000 ans… 
Le niveau d’abrutissement qui frappe mes concitoyens me laisse songeur.. Imagines t-on un tel ramassis de bêtises sur Pervi Kanal ?
Mais également l’immonde ce soir, qui titre: «les bons conseils de l’ex KGB» et vomit purement et simplement un article qui me semble vraiment très mal venu, tant il est grossier et sans aucun intérêt, mais également marque un manque de respect envers les victimes.
Le Monde ce soir nous prouve ce jour que la qualité de ces articles n’a rien à envier au courrier de Russie. On attend désormais les commentaires de «Juliette» qui devrait sans doute appeler à une manifestation contre la «politique du FSB dans le Caucase»….
Une blogueuse Russe exilée (?) en France (SIC) postait après la condamnation de Kodhorkovski: «c’est pas demain que je retourne vivre en Russie» … 
C’est son choix, moi c’est pas demain que je retourne vivre en France tant mon pays me fait honte.
Ce soir plus que jamais, vive la Russie !
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Attentat à Moscou, toutes mes pensées vont aux victimes et à leurs proches

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