L’intégration économique et politique de l'Eurasie : objectifs réalistes ?

  Veuillez-trouver ci dessous mon interview de ce début 2017 pour la lettre de l'Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l'Institut des Hautes Etude de Défenses Nationales /// WWW.ANAJ-IHEDN.ORG Comment définir l’axe eurasiatique ? Je crois qu’il faut tout d’abord envisager cet Read more

Conférence au MGIMO sur la politique étrangère de François Fillon (27/02/2017)

La politique étrangère de François Fillon : vers un nouveau gaullisme francais ? Photos sur le site du MGIMO Photos sur Facebook Bonjour à tous et merci beaucoup à cette institution qu’est MGIMO de nous recevoir aujourd’hui. Mon propos sera court, je souhaiterais vous parler Read more

Interview chez Sputnik avec Rachel Marsden

Interview avec Rachel Marsden dans les locaux de Sputnik Paris (source originale) Read more

Articles en francais

Panorama des médias russes

Source: RIA-Novosti
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Litvinenko’s case…2012

Pour en savoir plus, je conseille a mes lecteurs cette vidéo..

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KAZAKHSTAN : QUI EST DERRIÈRE JANAOZEN ?

Chers lecteurs, je vous incite a lire cette excellente analyse de l’IRIS produite par PAR RENÉ CAGNAT (Chercheur associé à l’IRIS) et DAVID GAÜZERE (spécialiste de l’Asie centrale et du Caucase post‐soviétique).
Les auteurs y cryptent les mécanismes ayant abouti aux troubles de décembre 2011 au Kazakhstan.
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Joyeux Noel Catholique!

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Manifestation de jeunes Russes contre la résolution du Parlement européen

RIA NovostiManifestation de jeunes Russes contre la résolution du Parlement européen

13:38 15/12/2011 Des militants des mouvements de jeunesse Mestnye («les Locaux») et Rossiïa molodaïa («La Jeune Russie») se sont rassemblés pour une manifestation non autorisée devant la représentation de la Commission européenne à Moscou, afin d’exiger une non-ingérence dans les élections législatives russes.>>
Autres actualités



Combien sont-ils me demandent un commentateur de mon blog du nom de REVIZOR


En zoomant et marquant chaque personne visible sur la photo on arrive a 52. Au vu de la droite de la photo (coupée) on peut penser qu’il y avait un peu plus de monde. Je ne sais pas combien ils sont derrière cette affiche carre au milieu. Allez a vue de nez sans doute 60?70 grand maximum? Leur site indique une centaine
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Présentation de la version russe de la revue défense nationale a RGTU / Презентация русского издания французского журнала la Revue Défense Nationale в РГТЭУ

Ce 7 décembre j’ai pu participer a la présentation de la version russe de la revue de la défense nationale en compagnie de Olivier Vedrine, qui a en charge la version russe de la revue. Mes lecteurs les plus fidèles savent déjà que j’ai eu la grande chance de pouvoir contribuer au dernier numéro de la revue de la défense nationale (en Français) sur l’Arctique. La présentation a eu lieu a la faculté RGTU et le compte rendu est disponible ici.


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Грозный. После ада

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La phrase du jour par Vlad Sobell

Lu sur ROPV

I would, therefore, give the following advice to Western democracies that want ultimate power fall into the hands of Medvedev (or, eventually, someone other than Putin): 
First, stop censoring the Russian regime and please note that it is supported by vast majority of the electorate. 
Second, focus on your own problems – namely, the moral decay and systemic flaws of your economies.

Russia’s governance will normalize more quickly if the West stops interfering in its domestic affairs. This is the only realistic way forward.

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L’alliance euro-russe pour sauver l’euro?

Dépasser les stéréotypes et devenir des partenaires plus proche de la Russie sont les voies naturelles de développement des pays Européens pour les aider à résoudre leur problèmes, a affirmé Jean-Pierre Thomas conseiller du Président de France pour la Russie.

Celui ci a donné une interview à Russia Today, dont je retransmets le texte en Francais ci dessous. Le titre de l’interview est : «une zone économique euro-russe peut sauver l’euro».



RT: Vous venez en Russie tous les 15 jours. Quelle est votre mission principale?Ma première mission confiée par le président Sarkozy en accord avec le président Medvedev est de faire un rapport, et de réfléchir sur l’établissement d’une zone économique euro-russe. Et la deuxième partie de la mission est de renforcer la coopération économique dans tous les domaines possibles entre nos deux pays.


RT: Vous avez également la responsabilité de développer le commerce entre la France et la Russie. Quels secteurs de l’économie russe pensez-vous sont les plus attractifs pour les chefs d’entreprise en France?Aujourd’hui pour la France, c’est bien sûr les matières premières et les échanges que nous avons, le gaz, le pétrole est essentiel, mais nous faisons beaucoup d’entre choses. Aujourd’hui regardez ce que fait Alstom avec TransMach Holding, on fabrique des locomotives ensemble qu’on exporte dans le monde, regardez ce que fait Sanofi dans le domaine pharmaceutique. On coopère dans plein de domaines technologiques nouveaux et aujourd’hui les domaines sont multiples parce que l’on est au cœur du plan de modernisation de la Russie et les entreprises françaises peuvent apporter beaucoup sur la technologie. Et donc pour nous les sujets d’intérêt sont multiples, pas seulement les matières premières qui demeurent essentielles, y compris le nucléaire, dans lequel nous pouvons coopérer beaucoup plus.

RT: Vous parlez de bons côtés de la modernisation, et le président Medvedev a critiqué le climat d’investissement en Russie. Voyez-vous une amélioration?
Moi, je vois des progrès considérables. Je suis la Russie depuis de nombreuses années et je crois qu’on a tort de vouloir donner des leçons à la Russie. Aujourd’hui la Russie a 20 ans, et les progrès sont considérables. Et Vladimir Poutine et le président Medvedev ont fait un travail considérable, on le voit, les changements sont forts. Simplement, de notre côté, on n’en est pas toujours très conscients. D’abord il faut lire le russe, ce qui est peu courant, deuxièmement il faut venir en Russie plus souvent. Donc il faut qu’on ouvre aussi notre esprit. Il reste beaucoup de choses à faire. Vos leaders, le président, votre premier ministre, le disent. A Saint-Pétersbourg, le plan de travail était clair. Il reste beaucoup à faire. Mais beaucoup a été fait. Le climat d’investissement est bien meilleur. Regardez aujourd’hui le courant d’affaires que nous avons entre nous. Les grands groupes français sont présents aujourd’hui, regardez aujourd’hui Vinci fait la liaison autoroutière entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Nous développons aujourd’hui des domaines de coopération sur l’électricité. En marge du sommet de Saint-Pétersbourg, nous avons signé avec EDF l’aménagement et je dirais la fourniture en électricité de la ville de Tomsk. Nous fabriquons des pièces pour EADS, pour Airbus à Irkoutsk en Sibérie. Donc il y a de multiples domaines de coopération, elle fonctionne la coopération entre la France et la Russie

RT: Mais si quelqu’un comme vous ne vient pas en Russie tous les 15 jours - juste une communauté d’affaires en dehors de Russie. Ont-ils toujours les vieux stéréotypes de la Russie?Les hommes d’affaires présents en Russie, si vous parlez avec les présidents des grands groupes français qui sont présents, ils sont très heureux d’y être et ils veulent développer leurs affaires. Ceux qui n’y sont pas encore ont souvent des à-priori et nous avons, je dois le dire, en Europe de l’Ouest, pas seulement en France, un problème avec nos médias qui ne connaissent pas assez la Russie, et la Russie devrait aussi communiquer davantage. Il y a des vieux stéréotypes et les progrès réalisés ne sont pas assez sentis.

RT: Pourquoi? Pourquoi les médias sont biaisés en Occident sur la Russie?Je pense que les médias ont l’image de la Russie d’avant, de la Russie d’il y a 15-20 ans, et comme ils ne viennent pas assez souvent en Russie, et que la Russie communique assez peu finalement sur ce qu’elle fait  à l’intérieur chez nous, on raisonne sur des réalités qui ne sont plus du goût du jour, et qui sont fausses, et ça je crois que c’est un sujet important. C’est un blocage. On parle souvent des grands groupes, mais pensez à des nombreuses petites et moyennes entreprises, en Russie et en France. Déjà beaucoup coopèrent, mais on pourrait faire beaucoup plus dans ce domaine.

RT: Comment les entreprises françaises que vous apportez à la Russie contribueront à diversifier l’économie?
Aujourd’hui, vous êtes au cœur d’un plan de modernisation de la Russie. Que ce soit dans le domaine de vos transports, dans le domaine de la distribution d’eau, d’électricité, dans le domaine de l’aéronautique, dans le domaine de la santé, au niveau des laboratoires, dans le domaine de toutes les technologies de pointe, et d’ailleurs vous avez Skolkovo qui est une grande réussite, qui est train de démarrer, mais beaucoup d’entreprises, EADS, Alstom, bientôt Sanofi, beaucoup d’entreprises internationales, américaines, allemandes et d’autres sont présentes, donc nous pouvons aider la Russie sur des transferts de technologie dans beaucoup de domaines.

RT: Lors de cette visite vous irez dans le Caucase du Nord pour évaluer son potentiel d’investissement. Le chiffre du tourisme alpin expertise t-il votre approche?Oui, et je crois que la Russie a pris une très bonne décision, qui est celle d’essayer de stabiliser et d’assurer une meilleure sécurité dans cette zone par le développement économique. Et les deux présidents, le président Medvedev et le président Sarkozy à Deauville, en marge du G8, ont fait une déclaration commune. La Russie a choisi la France comme fournisseur essentiel, pas exclusif, mais essentiel, pour essayer d’implanter dans cette zone des stations de ski, du thermalisme, de développer la côte, c’est un immense projet, dirigé par monsieur Bilalov, qui est le président de North Caucasus Resort, nous allons avec madame Naboulina demain, visiter ce site et je crois que le pari du développement touristique est un bon pari pour développer cette zone. Quand on crée des emplois, quand on donne aux gens un espoir, hé bien on augmente la sécurité qui passe aussi par le développement de l’économie, et nous allons participer à cette belle aventure.

RT: Est-ce la première fois vous allez vous rendre dans le Caucase du Nord?Oui, pour moi c’est la première fois et je suis très désireux de connaître cette zone qui est superbe. J’ai vu les photos, les équipes françaises qui m’accompagnent connaissent déjà cette zone, c’est un lieu superbe, et je pense que vous pouvez développer un lieu touristique au centre de l’Europe qui sera très attractif pour le monde entier.

RT: Combien de temps pensez-vous qu’il faudra pour se transformer en un paradisdu tourisme? En ce moment ce n’est pas l’endroit le plus sûr pour les touristes à parcourir.Vous savez, la France a l’expérience. On avait développé en Croatie, rappelez-vous la Turquie dans les tout débuts, quand on développait le tourisme en Turquie, ce n’était pas si sûr. Et le pari fait par votre gouvernement et votre président, de dire au fond on va développer cette zone, créer des emplois pour les jeunes, bien sûr assurer la sécurité, le gouvernement assure la garantie pour les investissements pour 70%, s’est engagé à assurer la sécurité, c’est à la fois un pari, mais c’est le bon pari pour développer cette zone donc c’est ce qu’il faut faire.

RT: De quel montant d’investissements parlons-nous?C’est un projet considérable, sur de nombreuses années, c’est plus de 15 milliards de dollars à investir. Les entreprises françaises et puis aussi d’autres entreprises que françaises pourront participer. Des investisseurs, et bien sûr le gouvernement russe investit beaucoup sur les infrastructures, nos entreprises, je pense à Pomagalski qui fait les remontées mécaniques, c’est un emblème, ou d’autres entreprises françaises seront présentes, on va investir et il faudra aussi attirer des capitaux du monde entier, c’est un très grand projet.

RT: Parlons de l’euro. Quelles sont les préoccupations au sujet de l’euro en France? Sont elles liées avec l’Espagne et l’Italie, qui devraient demander  également un plan de sauvetage?
Je pense aujourd’hui que l’euro, quoi qu’on en dise, n’est pas menacé dans sa structure. Il connaît des difficultés. Mais puisqu’on parle ici de coopération et d’un espace un jour économique de libre circulation des hommes, des capitaux, entre la Russie et l’Europe de l’Ouest, ce sera pour l’Union Européenne et pour l’euro, une zone de respiration, une zone économique supplémentaire et donc un renforcement de l’euro.

RT: Vous pensez qu’une zone économique russo-européenne pourrait sauver l’euro?
Oui, je crois qu’aujourd’hui l’Europe qui est une entité politique, économique, a besoin d’un espace économique beaucoup plus grand pour la compétition mondiale. Songez que le continent américain est regroupé au niveau de l’ALENA, les pays asiatiques se regroupent au niveau de l’ASEAN, nous n’avons pas une grande zone sur le continent européen, et pourtant tant de choses nous lient dans l’histoire, dans la culture. Et aujourd’hui nos complémentarités économiques sont fortes. D’un côté les matières premières, un immense espace, d’un autre côté une capacité commerciale, une certaine avance dans certains secteurs, pas tous, technologiques, vous avez ici aussi des technologies de pointe, font que nous avons un intérêt commun, et des intérêts communs à défendre dans le monde et je crois qu’aujourd’hui cela ne peut que renforcer la zone euro, l’euro lui-même et que par rapport à l’émergence de la Chine qui pour vous est un grand partenaire mais aussi un grand concurrent. 
Ce qui se passe au sud de la Méditerranée, où l’instabilité va être quand même assez longue, l’accession à la démocratie de ces pays sera beaucoup plus longue qu’on ne veut bien le dire, et nos partenaires outre-Atlantique sont aussi des concurrents, donc l’idée d’avoir cette zone économique continentale russe est aujourd’hui je crois à la fois une chance et une nécessité, pour la Russie et pour l’Europe de l’Ouest, pour nos pays.

RT: En parlant de points communs, la Russie et la France ont toujours concouru pour la défense et de contrats militaires, et aujourd’hui la Russie achète des porte-hélicoptères français. Que pensez-vous de cela?
C’est une grande première. Nous avons signé à Saint-Pétersbourg en présence du président Medvedev le Mistral, c’est la première fois que la France fait un transfert de technologie, vend un produit aussi important sur le plan militaire. Et de la même façon, d’ailleurs, la coopération va dans les deux sens. Le premier ministre, Vladimir Poutine, étant à Paris, nous avons le Beriev aujourd’hui en essai, cet avion qui, Beriev 200, qui permet d’éteindre des incendies est aujourd’hui testé dans l’ouest de la France, et la France regarde pour acheter cet avion. Donc notre coopération dans ces domaines sensibles, le Mistral est un exemple, montre que le climat politique est bon. Il n’y a plus aujourd’hui aucun nuage entre la France et la Russie, et les contacts entre les deux présidents sont excellents, avec le premier ministre aussi. Je crois que nous avons un climat politique qu’il faut saisir, parce qu’il est très bon et c’est l’occasion de renforcer, de développer notre coopération très vite.

RT: Vous connaissez très bien à Moscou, parce que vous venez ici très souvent. Nous aimons à penser que Moscou est comme le New York de l’Europe orientale.Pensez-vous que Moscou peut avoir le statut d’un centre financier international?Moi je suis convaincu, nous avons reçu monsieur Volochine, qui est responsable de Moscou place financière à Paris. Il a rencontré les instances de régulation françaises sur les marchés boursiers, sur l’ACP, sur la régulation des banques et des compagnies d’assurance, pour s’inspirer de ce que l’on fait en termes de régulation, pour que vous soyez au standard et dans les normes mondiales. Notre idée est que Moscou, située à mi-chemin, entre Hong Kong et New York a un rôle central à jouer. On a ici un grand pays des matières premières, Moscou peut être demain la grande place financière des matières premières. Vous êtes les leaders mondiaux du pétrole, du gaz, regardez des grands groupes comme Rusal, Norilsk Nickel, je veux dire que vous avez des leaders mondiaux dans les domaines énergétiques, donc Moscou a un rôle à jouer, et en plus pour nos places financières on peut trouver des synergies dans les domaines des dérivés, dans beaucoup de choses, et donc nous, nous sommes convaincus que le rouble, et Moscou doit devenir une grande place financière internationale. 
Vous avez encore beaucoup de choses à faire sur le plan juridique, sur le plan de la sécurité juridique, sur le plan de la régulation, mais vous êtes en train de le faire, et la seule chose à faire est de vous aider, pas de donner des leçons.
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Audition de l’ambassadeur de France au Sénat sur la Russie

Audition de M. Jean de Gliniasty, ambassadeur de France en Russie, et communication de M. Patrice Gélard, président du groupe d’amitié France-Russie du Sénat. Le texte complet est ici.

Je me permets de retranscrire juste les passages clefs ci dessous :

Le taux de natalité s’est stabilisé à un niveau «occidental», et si le taux de mortalité reste élevé, chez les jeunes hommes en particulier, c’est en raison des accidents de la route, de la drogue, de l’alcool ainsi que de l’effondrement du système sanitaire et médical. Mais ces facteurs sont exogènes et des améliorations sont possibles. Le redressement des structures hospitalières est devenu une priorité pour le régime. La population devrait se stabiliser autour de 140 millions d’habitants

La population russe lit la presse, qui sans être totalement libre est surtout bridée par l’autocensure. Bien sûr, si le président ou le premier ministre ne sont pas contents, ils passent des coups de téléphone, mais la presse est tout de même très libre. En lisant sept ou huit journaux différents, on sait tout — à condition de décrypter « l’intox ». La télévision nationale ne jouit pas de la même liberté : elle diffuse le pain et les jeux, ainsi que des informations calibrées sur la politique intérieure. C’est l’ORTF ! Mais chacun a accès à toutes les chaînes étrangères ; Euronews, par exemple, certes guère «toxique», offre matin et soir une ouverture sur le monde entier. La liberté est absolue sur internet, contrairement à ce qui se passe en Chine.

Les groupes d’extrême droite aiment à «casser du noir» -en l’occurrence des Caucasiens. Mais une vraie répression a été engagée depuis le discours de Vladimir Poutine en novembre 2008 en présence des journalistes : « il faut respecter les étrangers qui travaillent chez nous » avait alors clamé le Chef de l’Etat.

Une délégation du groupe d’amitié France Russie du Sénat, que je conduisais et composée de nos collègues Mme Marie-Hélène Des Esgaulx, Mme Catherine Troendle, M. Nicolas Alfonsi, M. Yves Pozzo di Borgo et M. Pierre-Yves Collombat, s’est rendue en Russie, du 27 septembre au 3 octobre derniers, à l’invitation du Conseil de la Fédération de Russie. Nous ne nous étions pas rendus en Russie depuis trois ans et nous avons trouvé le pays très changé.

Le problème des visas entre la France et la Russie relève largement de l’Union européenne. La France et la Russie ont toutefois signé un traité bilatéral, le 27 novembre 2009, sur les migrations professionnelles, qui devrait améliorer les conditions de circulation et de séjour des entreprises et des travailleurs français en Russie, et je félicite l’ambassade de France pour son travail.


Reste qu’il est choquant de refuser aux Russes la libre circulation sans visa que l’Union européenne accorde aux Serbes, aux Bosniaques ou aux Macédoniens, d’autant que le risque migratoire en provenance de Russie est très faible.


Face à l’afflux de demandes de visas, l’ambassade de France, débordée, a dû sous-traiter la gestion des demandes à une entreprise indienne, ce qui n’est pas satisfaisant.

L’Allemagne semble toutefois réticente à la libéralisation des visas.
À Moscou, M. Iouri Loujkov avait sous-traité à des groupes ethniques la gestion de quartiers et de zones économiques. Le gigantesque marché de Cherkizon, où l’on ne trouvait que des textiles importés en fraude de Chine, a été fermé par le gouvernement il y a un an : depuis, les producteurs de textiles russes ont vu leur production croître de 30 % ! Mais tous les textiles vendus sur les marchés russes sont chinois. Même chose au Kazakhstan…
Les Russes sont tout aussi vigilants sur le plan démographique. À Vladivostok, on voit des Coréens, des Japonais mais on ne trouve pas un seul Chinois ! Le consul général des États-Unis estime que si les Russes laissaient entrer les Chinois, le PIB augmenterait de 2 %, mais le gouverneur s’y refuse. Quant au consul général de Chine à Khabarovsk, il m’a tenu un discours lénifiant, disant s’intéresser uniquement aux régions riches, et non à l’Extrême-Orient.


La guerre de Tchétchénie a été un traumatisme collectif. De nombreux Russes ont été chassés, dans des conditions catastrophiques : ils forment la clientèle électorale de Vladimir Jirinovski. Les Chinois ne sont guère visibles : l’immigration économique est essentiellement caucasienne, les personnes originaires du Caucase reprennent tous les petits commerces. La montée du racisme à leur égard dans la société est indéniable. Le gouvernement, en revanche, est conscient qu’il faut intégrer une partie de ces immigrés, russophones et souvent éduqués, pour enrayer le déclin démographique. 




Il n’y a pas non plus une once d’antisémitisme d’État en Russie. Vladimir Jirinovski est d’ailleurs juif; sa famille a été exterminée par les Allemands. D’importantes personnalités du monde politique et administratif sont d’origine juive. Pas d’antisémitisme donc dans l’appareil d’État, dans le monde du spectacle ou des arts, plus de quotas implicites comme au temps de l’URSS. Mais il y a bien une tradition antisémite sous-jacente notamment orthodoxe. Les préjugés existent, mais sans être très nocifs : la question raciale n’est pas aussi taboue dans la société russe qu’en France, et l’ironie et les sobriquets sont monnaie courante.


Aujourd’hui, le souci est de différencier le «bon» Islam de l’extrémisme. Le Tatarstan est l’une des provinces les plus dynamiques en la matière : en face d’une énorme cathédrale orthodoxe se dresse une énorme mosquée. Le métropolite et le Grand mufti s’entendent parfaitement, l’église officielle musulmane est cultivée et honorée. Son école religieuse enseigne aussi bien la philosophie occidentale que le Coran : nous pourrions nous en inspirer ! À Moscou, la mosquée en construction en face du stade olympique arborera un bulbe doré de dix mètres. Les religions officielles -l’islam en fait partie- sont cultivées ; les sectes protestantes et pentecôtistes sont respectées, l’État intervenant discrètement dans les luttes internes.
Religion officielle, l’islam est encouragé quand il joue le jeu de la légalité.


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