Vers un monde sans Union Européenne?

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
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Les espagnols auront entendu au moins une bonne nouvelle durant cette année 2012: ils ont bien la meilleure équipe de football d’Europe. Mais une sombre coïncidence se confirme: les derniers vainqueurs de l’euro de la décennie sont dans une situation proche de la faillite économique, Grèce (2004) et Espagne (2008 et 2012).En Europe, pas un mois sans une «réunion de la dernière chance», pas un jour sans que les mots «marchés financiers» ou «crise financière» ne viennent inquiéter la grande majorité des européens quand à leur avenir proche. Mois après mois ces réunions entre membres de l’Union Européenne construisent toutes des solutions provisoires, pour éviter l’éclatement de la zone Euro, et peut être celui de l’Union Européenne. Pour les citoyens des pays de l’union, le spectacle devient tragique : les pays à bout de souffle demandent comment emprunter encore plus, les autres donnent des conseils : travailler plus et gaspiller moins.


Les mauvais élèves de la classe («les médiocres» dirait le politologue Biélorusse Vadim Gigin) espèrent que les élections en Allemagne en 2013 verront la chute politique du système Merkel, afin de permettre la mise en place d’euro-bonds destinés à mettre en commun (mutualiser) les dettes d’états via des euro-obligations. Ce système d’euro-bonds aurait pour conséquence directe qu’en cas de faillite d’un Etat les autres seraient «tenus» de rembourser sa dette. Autrement dit, il s’agit de faire payer l’ensemble des états encore relativement sains en jouant sur le principe de «solidarité financière». Et peut être un choc psychologique pour les marchés, destinée à aider les derniers de la classe, en faisant baisser les taux d’intérêts spéculatifs.

Un ami, proche des hautes instances de la commission européenne, me confiait récemment qu’il estimait que l’Union Européenne allait faire face à 10 ou 15 ans de crise. Je me suis immédiatement demandé si les dettes des états pouvaient disparaître en 15 ans, et par quelle méthode dont personne n’a encore parlé. Pour le moment, on ne parle que d’emprunter de moins en moins. Il y a d’autres observateurs de haut niveau beaucoup moins optimistes.  Pour l’ancien ministre des finances russe Alexeï Koudrine, la zone euro va à la dislocation.

Selon lui, la prochaine sortie de la Grèce de la zone euro devrait avoir pour conséquence d’aggraver considérablement la pression sur l’Espagne. Une opinion partagée par les analystes de Capital Economics pour qui l’effondrement de la zone euro se produira vraisemblablement en 2013, soit une décennie après son entrée en vigueur. L’UE sans gouvernement fédéral ne semble pas être en mesure d’aider ses membres à s’en sortir et la petite Ile de Chypre, menacée par une situation à l’Islandaise, va chercher des aides en Russie et en Chine.

A la frontière de l’Union Européenne, le cas russe devrait être mieux analysé par les experts européens. Il ne faut pas oublier que pendant les années 90, la situation financière et sociale en Russie était bien plus grave que dans la Grèce ou l’Espagne d’aujourd’hui. Aujourd’hui, les élites russes de toutes les tendances politiques, ne souhaitent pas revenir aux années 90, et remettre les mains dans l’engrenage de l’endettement maladif et compulsif. Les budgets russes sont gérés avec une grande prudence, c’est l’équilibre ou l’excédent qui sont visés, et l’état a constitué des réserves pour faire face aux imprévus.

Dire qu’en Russie tout est basé sur les hydrocarbures, et dire qu’en Chine tout repose sur le faible cout de la main d’œuvre n’explique pas totalement pourquoi ces deux pays poursuivent leur croissance économique et accumulent des réserves de change. En Russie comme en Chine, le contrôle du pouvoir politique sur la planification de l’économie est une réalité. Un état fédéral puissant qui exerce son autorité sur l’économie privée et sur les marchés, c’est peut être bien ce qui manque à l’Union Européenne.

Cette crise politique et économique de l’UE est à replacer dans un contexte plus large que le continent européen. Comme l’a très justement rappelé récemment Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères: «la crise ne vient pas d’Europe, Lehman-Brothers n’était pas une banque Européenne». La crise vient d’outre atlantique, c’est une crise de tout le système occidental, et l’Europe paye aujourd’hui très cher les conséquences en chaine de la crise des sub-primes américaines. Le monde a changé à une vitesse fulgurante. L’opposition des idéologies  communiste et libérale/occidentale avait au moins le mérite de structurer la planète. Lors de la victoire de l’idéologie libérale, une idée  nouvelle est apparue : Un accord planétaire, autour d’un modèle économique et politique, idéal et unique, serait peut être possible. La victoire du modèle capitaliste paraissait définitive, et on pensait généralement que l’idéologie du vainqueur serait fonctionnelle, peut être pour toujours.
On a même rêvé à cette époque de la fin historique des idéologies. Pour Francis Fukuyama par exemple, l’Histoire devait en effet s’achever le jour où un consensus universel sur la démocratie mettrait un point final aux conflits idéologiques.

Or, 23 ans seulement après la parution de la thèse de Fukuyama, ce système «global-occidental» (globalitariste disent ses détracteurs) parait de moins en moins fonctionnel, et ce consensus universel sur la démocratie plus vague que jamais. Où est passé l’optimisme qui régnait en occident au moment de la disparition de l’URSS? Et cette idéologie libérale démocratique mondialiste idéale qui allait enrichir tous les peuples de la  planète? On comprend peu à peu que si l’idéologie libérale a accéléré la globalisation, cette globalisation a sans doute directement contribué à
la destruction de la domination occidentale, via l’affaiblissement de son idéologie bien sur, mais aussi via l’apparition de nouveaux modes de gouvernance politico-économiques, et de nouveaux systèmes de valeurs.

On peut aujourd’hui se poser la question suivante: et si c’était finalement le système d’exploitation du monde occidental (politique, économique et moral) qui ne fonctionnait plus?

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Posted on by Alexandre Latsa in Articles en francais, Ria Novosti 4 Comments

4 Responses to Vers un monde sans Union Européenne?

  1. Revizor

    Je reprends un peu la lecture de ce blog, c’est amusant… Ceci-dit avant de présenter la Russie comme une espèce d’Eldorado économique où des hordes d’émigrés grecs espagnols, italiens et français vont accourir, il faudrait sans doute aussi dire pour faire au moins semblant d’être un tant soi peu mesuré dans son «analyse» que l’économie Russe a, elle aussi, pas mal de problèmes. Par exemple et pêle-mêle:
    • Son équilibre budgétaire dépend de plus en plus des ressources naturelles et d’ailleurs le prix du baril pour lequel le budget fédéral est à l’équilibre ne cesse d’augmenter (environ 100 $ /bbl aujourd’hui vs 30 il y a 6 ans)
    • La structure du PIB est assez dangereusement balancée vers la consommation (court terme) au détriment de l’investissement (long terme) — rien à voir avec la Chine par exemple — en conséquence la productivité de la main d’œuvre y reste très faible.
    • La structure de distribution la richesse est très inégalitaire, autrement dit que les dollars du pétrole ne profitent qu’à un très petit nombre
    • La perte en ligne et le niveau d’inefficacité économique sont «assez considérables» car avec en gros 30% des ressources naturelles de la planète (1er producteur de pétrole, 2ème de gaz, etc…), la Russie ne représente que 3% de la richesse mondiale
    • Contrairement à tous ses homologues BRICS, le pays peine à attirer les investisseurs étrangers (dont elle aurait besoin ne serait-ce que pour se moderniser) sans doute affolés par l’insécurité juridique et le niveau de corruption
    • Malgré quelques efforts (Rosnano? Skolkovo?), la Russie d’aujourd’hui reste un pays pauvre en innovations

    Donc, si on veux être un tout petit peu lucide on peut effectivement dire que l’Europe est étouffée par sa dette mais il faudrait ajouter que la Russie ressemble économiquement à une pétro-monarchie mal gérée: énorme dépendance de l’économie au gaz et au pétrole, captation de la richesse par petite une élite inamovible et, contrairement par exemple au Quatar et autres qui ont des fonds souverains puissants et investissent massivement dans les infrastructures, ou aux US (pouah!!) et à Israel (Oh! l’espion sioniste américano-géorgien!!) qui développent une importante économie du savoir, l’économie Russe fait pas preuve aujourd’hui d’un grand souci de préparation de l’avenir.

     
  2. Захарий

    il est «fort» celui là (aussi) avec ces surperbes analyses comptables (…) & ça se prend pour les rois du monde avec leurs mouloudes en tout genres a déligitimiser constamment le social aux profits d’une lecture économique (et social précisément) basé sur le dumping finalement ! La monarchie «admirable» Saoudienne ? et leurs sou évidement … Pour la Russie on voit l’avenir autrement, avec certaines valeurs humaines déjà (et donc un état fort toujours) malgré un populisme mondial dégradant au niveau des valeurs actuelles, avec votre superbe culture capitaliste de vulgaire chien(ne)s fascistes & anti-démocratiques finalement (juste par intérêt l’ideologie) ou vous ne faitent que créer des esclaves pour quelques belles places en perspectivent ? & que vous vous amusez à «moneyer» en plus en monopolisant le monde …

    La Russie a gagné la seconde guerre mondial (entre autres) après 27 millions de morts Russes (approximativement) & elle a toujours défendu des Valeurs (en dehors de l’argents) … c’est pour vous les sales impératifs financiers capitaliste bandes de sales fascistes ?

     
  3. Sclavus

    Magnifique Revizor ; ça fait un bail que je ne m’étais plus penché sur ses vomissures et là – bingo : « Contrairement à tous ses homologues BRICS, le pays peine à attirer les investisseurs étrangers (dont elle aurait besoin ne serait-ce que pour se moderniser) sans doute affolés par l’insécurité juridique et le niveau de corruption »
    Non mon garçon ; c’est sans doute ta bedaine que t’empêche de voir claire.
    Ce que tu nommes « investisseurs » n’est en réalité qu’un nuage de sauterelles ; que dieu garde la Russie et son peuple de ses « investisseurs ».
    L’histoire économique du monde nous montre qu’ils n’ont laissée rien d’autre que la mort, pauvreté et la désolation derrière eux ; Du miracle économique chilien du début de XXe (dont les traces sont visible encore dans le désert de Atacama, à la Tunisie de Ben Ali de l’année dernière le spectacle est formidable.
    Je ne sais pas Revizor comment tu fais pour voir aussi mal ; tu dois sans doute avoir la tête enfoncée dans ton derrière, parce que autrement je ne comprends pas.

     
  4. Alexandre LATSA

    Revizor on voit que vous connaissez bien la Chine )))))))

    Non justement la Russie est le seul BRIC a avoir eradique la pauvrete telle qu’elle existe encore en Chine ou en Inde ou au Bresil…

    La Russie est aussi le seul BRIC a avoir reduit les tentions ethnico-sociales et socio-religieues telles qu’elles existent encore dans les autres BRIC..

    Enfin la Russie est le seul pays des BRIC a avoir une croissance soutenue en 2012 ))

    Quand a la phrase : ‘ Contrairement à tous ses homologues BRICS, le pays peine à attirer les investisseurs étrangers (dont elle aurait besoin ne serait-ce que pour se moderniser) sans doute affolés par l’insécurité juridique et le niveau de corruption «
    — > On va faire le compte fin 2012 ? :) )))

     

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